Luc Van Der Kelen
Luc Van Der Kelen
Conseiller politique pour BPlus
Opinion

29/07/11 à 09:31 - Mise à jour à 09:31

Le choix historique du CD&V

Elio Di Rupo en a fait, du chemin. Au moment d'accepter sa mission de formateur, ses chances de succès oscillaient entre 5 et 10 %. Après la publication de sa note, on lui donnait moins de 1 % de crédit. Maintenant, à la suite de l'accord intervenu le 21 juillet, les bookmakers ne manqueraient pas de recevoir des paris atteignant les 50 %. Fifty-fifty.

Luc Van der Kelen, editorialiste au Laatste Nieuws

Pour en arriver là, le formateur s'est mis en quatre et a étouffé son ego pendant toutes ces journées difficiles, parfaitement conscient qu'il était de ses responsabilités politiques et sociales pour assurer le bien-être de tous les Belges.

Or les partis francophones ont mal ressenti l'attitude rigide de Wouter Beke et du CD&V. Mais ils auraient mieux fait de se montrer très compréhensifs, car Beke a pris de gros risques, dépassant de loin ceux courus par les partis francophones. Pour le CD&V, ces négociations sont quasi existentielles. Si le parti chrétien-démocrate flamand s'expose et si l'histoire finit en queue de poisson, il se retrouvera les mains vides face à la N-VA, qui se fera un malin plaisir à le mettre en pièces, implacablement. En fait, le CD&V vit le "syndrome de Schiltz", le cauchemar qui tétanise depuis toujours Bart De Wever : conclure un accord pour ensuite se voir planter un poignard dans le dos.

Certes, les francophones n'auront pas à se déshabiller complètement, mais Beke a osé tracer sa voie : son courage aura un prix. Le mérite revient aussi à Alexandre De Croo qui affronte tout autant la concurrence de la N-VA. Le formateur Di Rupo devra donc présenter à ses partenaires flamands une scission de BHV et une réforme de l'Etat plus substantielles que celles déjà concédées à la N-VA. Plusieurs "poissons gras" devront remplir le panier, sinon rien ne sera possible.

Quels pièges attendent les huit mousquetaires ? 1. Les vacances. Si opportunes qu'elles soient, elles offrent le champ libre aux poseurs de bombes des deux côtés de la frontière linguistique. 2. La loquacité. Chaque déclaration, en dehors de la table des négociations, en sera une de trop. Que les adeptes de Twitter soient eux aussi prévenus ! 3. La lenteur. Les négociations devront être menées rondement. Sinon, les choses pourraient se gâter très vite. 4. Bart De Wever. Le président de la N-VA garde la faveur de l'opinion publique flamande. Malgré son absence, son ombre couvrira les négociations et ne cessera de troubler les esprits des acteurs. La formation ne peut aboutir que si personne ne trompe la confiance des autres participants.

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