Le CEO d'ING s'est octroyé 25% d'augmentation il y quelques semaines

03/10/16 à 11:48 - Mise à jour à 11:49

Source: Belga

"Ne vous laissez pas embobiner par l'argumentaire" selon lequel une banque comme ING licencie à cause de la numérisation de l'économie, a mis en garde lundi le ministre-président wallon Paul Magnette à son arrivée dans l'auditorium principal de l'université catholique de Louvain (UCL), où il donnait une leçon inaugurale aux étudiants de sciences politiques.

Le CEO d'ING s'est octroyé 25% d'augmentation il y quelques semaines

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Le Plan Marshall 4.0 du gouvernement wallon pour redéployer l'économie régionale est axé sur la numérisation de l'économie. Mais il serait faux de penser que cette évolution n'est que néfaste pour l'emploi, a répondu M. Magnette, interrogé sur ce point par Belga.

A ses yeux, l'évolution technologique n'est qu'une partie de l'explication de la décision d'ING. "Bien sûr, il y a une restructuration globale du secteur des services, mais la numérisation crée aussi de l'emploi, il faut des logiciels, de la maintenance, des services de sécurité, etc."

"C'est un prétexte bien trop commode pour faire une augmentation de dividendes ; ING a rapatrié près de sept milliards d'euros vers les Pays-Bas ces dix dernières années, son CEO s'est octroyé il y quelques semaines 25% d'augmentation de sa rémunération, il gagne quarante fois plus que la moyenne de ses employés ! Tout cela déstructure les règles de la vie en commun", a ajouté M. Magnette.

Et le socialiste d'insister sur la relocalisation de l'économie wallonne, grâce au développement de ses PME, face aux financiers internationaux. La nécessité de l'ancrage local importe aussi dans le secteur bancaire, selon M. Magnette. "Les banques ancrées en Belgique sont plus respectueuses, et on continuera à leur faire passer le message qu'elles ont été aidées par l'État quand elles en ont eu besoin, et que maintenant c'est à leur tour d'avoir un sens de la responsabilité collective."

Plus généralement, le chef de l'exécutif wallon appelle une nouvelle fois à revoir la législation sur les licenciements collectifs et celle sur la loi Renault, afin de renforcer les droits des travailleurs face aux multinationales.

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