Le cdH persiste et signe: "c'est irréversible"

25/06/14 à 19:40 - Mise à jour à 19:39

Source: Le Vif

Le cdH exclut toute possibilité d'intégrer une coalition fédérale avec la N-VA, le CD&V et le MR, ressort-il des informations glanées auprès de chefs de file de la formation centriste, après la déclaration de Bart De Wever selon qui "l'histoire n'est pas finie", les nationalistes restant à disposition.

Le cdH persiste et signe: "c'est irréversible"

© Reuters

En ce qui concerne le cdH, l'ambiguïté avec laquelle l'informateur a distillé sa note au compte-goutte mardi a annihilé toute confiance. "Il n'y aura pas de revirement, c'est clair à 100%, c'est irréversible", a répété un cacique.

A la rue des deux Eglises, on est particulièrement remonté contre la façon dont l'informateur Bart De Wever a communiqué mardi, donnant le sentiment que la note serait suffisamment vague pour pouvoir être acceptée par les partenaires. "Bart De Wever savait ce qu'il faisait, lui qui est habituellement très clair et très direct dans sa communication", fait observer un élu.

Au contraire de ce qui a été communiqué, le document est plus fouillé qu'annoncé et le cdH n'y a pas retrouvé bon nombre de garanties exigées pour poursuivre la discussion. Il y a également découvert nombre d'éléments imbuvables. "Commencer une négociation dans un tel climat, avec des fuites, sans confiance, est impossible", souligne un ténor du parti.

Au cdH, on répète que la note De Wever annonce l'ambition d'avancer vers le "confédéralisme larvé". Sur le plan socio-économique, elle touche, et pas un peu, au pouvoir d'achat des travailleurs, dénonce-t-on.

Dans la note, il est prévu de s'attaquer au plus vite durant la législature aux 4% de "handicap salarial" encourus depuis 1996, via les mesures déjà prises dans le pacte de compétitivité mais également via d'autres comme "par exemple" la "modération salariale". Mais en plus de cela, la note appelle à une réforme du mécanisme d'indexation, "par exemple via des mesures qui s'inscrivent dans la logique des réformes réalisées ces dernières années". Par ailleurs, la note rappelle les recommandations européennes appelant à réviser la formation des salaires, en ce compris l'indexation automatique, au profit de négociations paritaires par secteur et/ou entreprises. La note appelle d'ailleurs à revoir la loi de 1996 sur la formation des salaires. Au cdH, on estime que fort de ce qui est annoncé, l'effort sur le pouvoir d'achat atteindrait au total 8%.

En ce qui concerne la Sécurité sociale, les spécialistes du parti centriste observent que la note prévoit de lier la croissance des dépenses en soins de santé au taux de croissance économique. "Actuellement, la croissance réelle des soins de santé gravite autour des 3%. On passerait à 0,5%, il faudrait débrancher quelques lits dans les hôpitaux", s'inquiète un responsable.

Parmi les garanties que le cdH avait demandées dans la note, celle visant à ne pas toucher à l'âge de la pension n'a pas été retenue. Faisant écho aux recommandations européennes, la note mentionne au contraire une adaptation de l'âge légal de la pension. La garantie de ne pas oeuvrer à une limitation dans le temps des allocations de chômage n'a pas non plus été retenue.

Enfin, "last but not least", le passage institutionnel de la note a également inquiété les centristes. On y présente l'autorité fédérale comme étant "au service du citoyen et des entités fédérées", ce qui chez les démocrates-humanistes s'interprète comme la volonté d'avancer vers le confédéralisme.

La rue des deux Eglises ne retrouve pas non plus son exigence de voir la loyauté fédérale s'exprimer pleinement. La note prévoit que "la recherche d'une coalition gouvernementale pouvant bénéficier d'une majorité parlementaire spéciale en vue de réaliser des réformes institutionnelles n'est pas à l'ordre du jour". Mais, "était-il tellement compliqué d'inscrire qu'il n'y aurait ni réforme institutionnelle ni débat communautaire pendant les cinq prochaines années de législatures", réagit-on. "De la même façon, on ne trouve pas de trace de l'exécution de la réforme de l'Etat, notamment la mise en place de communauté métropolitaine, l'affectation des magistrats complémentaires à Bruxelles..."

Donc ce sera "non", insiste-t-on. "Studio télé ou pas, la réponse était claire dans le communiqué de mardi", précise-t-on après la communication de Bart De Wever qui a ironisé sur le grand théâtre politique et les réactions dans les médias qui nuisent au travail de formation des gouvernements.

D'autres formules de coalition devront donc être examinées. Le Roi recevra en audience, à partir de jeudi, les présidents de parti, y compris ceux (PS, sp.a, Open Vld) qui n'étaient pas concernés par la coalition testée par Bart De Wever. Les consultations se poursuivront vendredi.

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