Le Bélarus construit sa première centrale nucléaire aux portes de l'UE

26/11/17 à 07:46 - Mise à jour à 07:47

Source: Belga

(Belga) Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl qui a durement touché un large pan de son territoire, le Bélarus construit sa première centrale nucléaire, conçue et financée par la Russie, sous l'oeil inquiet mais impuissant de la Lituanie voisine.

Dans le nord-ouest du Bélarus et à une quinzaine de kilomètres de la frontière lituanienne, le chantier de la centrale d'Ostrovets entre dans sa phase finale: les deux réacteurs, d'une capacité de 1.200 mégawatts chacun, s'allumeront respectivement dès 2019 et 2020. Le projet, approuvé par le gouvernement en 2008 et mené par le groupe nucléaire russe Rosatom, représente un investissement de 11 milliards de dollars, dont 10 proviennent d'un crédit russe. Le projet a pu raviver des mauvais souvenirs dans un pays dont le quart du territoire a été irradié par l'explosion en 1986 d'un réacteur de la centrale soviétique de Tchernobyl, en Ukraine actuelle. Face aux inquiétudes vis-à-vis de la sûreté nucléaire - décuplées depuis l'accident de Fukushima en 2011 - les autorités et le constructeur russe tentent de rassurer. Pour montrer leur intransigeance, les autorités bélarusses ont exigé de Rosatom de changer une cuve endommagée lors d'une chute, bien que selon l'entreprise seule la peinture était abîmée. Le conglomérat russe présente ces réacteurs de troisième génération comme parmi les "plus modernes au monde", respectant "toutes les normes internationales". Selon la sociologue bélarusse Elena Martichtchenkova, qui sonde l'opinion sur le sujet depuis 2005, environ la moitié de la population bélarusse soutient aujourd'hui le développement de l'énergie nucléaire. De l'autre côté de la toute proche frontière lituanienne, cet optimisme est loin d'être partagé. Vilnius dénonce un projet "en violation des exigences internationales en matière de sûreté nucléaire et environnementale à 20 km de la frontière de l'UE et à seulement 40 km de la capitale lituanienne", des accusations que le constructeur a toujours rejeté. A son annonce en 2011, ce projet de centrale constituait surtout un moyen pour Vladimir Poutine d'avancer ses pions économiques dans l'ex-URSS en venant en aide au président bélarusse Alexandre Loukachenko, confronté à une grave crise économique et à des sanctions occidentales pour la répression d'opposants. Dans un contexte moins difficile après la récente levée des sanctions européennes - suite à une libération d'opposants - , Minsk le présente surtout comme un moyen de réduire sa dépendance au gaz russe, qui sert à produire son électricité. La nouvelle centrale, qui couvrira plus du quart des besoins énergétiques bélarusses, permettra à Minsk de réduire d'un quart ses importations de gaz russe ainsi que le prix de l'électricité. (Belga)

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