"Laissez tomber la N-VA et son démagogue de président !"

19/04/11 à 09:01 - Mise à jour à 09:01

Source: Le Vif

Selon Mark Eyskens, le parti de Bart De Wever "s'exclut lui-même" d'une solution. L'ex-Premier ministre CD&V appelle donc son parti à "laisser tomber la N-VA" et son "démagogue" de président. Wilfried Martens, également ancien Premier ministre CD&V, s'est à cet idée.

"Laissez tomber la N-VA et son démagogue de président !"

© Belga

L'ancien Premier ministre Mark Eyskens a appelé son parti, le CD&V, à former rapidement un gouvernement sans la participation du parti nationaliste flamand N-VA : "Laissez tomber la N-VA, plutôt maintenant que plus tard. De Wever est un démagogue que nous avons suivi trop servilement !", a-t-il indiqué dans une interview publiée par le journal Het Laatste Nieuws.

Il s'est dit favorable à la formation le plus rapidement possible d'un gouvernement rassemblant les trois grandes familles politiques traditionnelles et les écologistes.

Interrogé lors de l'émission radio De Ochtend de la VRT, l'ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères a apporté quelques nuances, assurant ne pas appeler à laisser tomber la N-VA, mais que ce parti "s'exclut lui-même" d'une solution.

Une déclaration confirmée à la RTBF-radio, où il a assuré que "c'est la N-VA elle-même qui se retire de la négociation d'un pacte communautaire".

Mark Eyskens, l'une des éminences grises du parti social-chérien flamand, est le premier membre du CD&V à appeler ouvertement à la formation d'un gouvernement fédéral sans les nationalistes flamands.

Selon lui, un tel gouvernement sans la N-VA devient lentement "inévitable". "Bart De Wever a fait de fausses promesses à plus d'un million d'électeurs flamands. Il a maintenant eu dix mois pour conclure un compromis. Maintenant, cela suffit. Ce qui doit être fait doit l'être: former un gouvernement sans lui (M. De Wever) parce que les marchés financiers nous ont à l'oeil", affirme-t-il au 'Het Laatste Nieuws'. Il ajoute dire tout haut ce que beaucoup pensent au CD&V.

Confier la réforme de l'Etat au parlement

Pour Mark Eyskens, la formation d'un gouvernement ne peut plus se faire attendre. "Confiez la réforme de l'Etat au parlement, mettez-y une deadline - deux ans par exemple - faites en dépendre le sort du gouvernement", a expliqué l'ancien Premier ministre.

Pour obtenir une majorité des deux tiers, M. Eyskens plaide en faveur d'une tripartite classique, qui rassemblerait en Flandre le CD&V, le sp.a et l'Open Vld, avec l'appoint des écologistes de Groen!.

Il a également appelé son parti à larguer rapidement la N-VA. "Si nous (le CD&V), nous devons quand même laisser tomber la N-VA, ce doit être maintenant et pas après les vacances d'été ou en début d'année prochaine car nous serons alors à l'approche des élections communales" d'octobre 2012, dit-il au quotidien populaire.

L'ex-Premier ministre a toutefois quelque peu nuancé ses propos ensuite à la VRT et à la RTBF, parlant d'"auto-exclusion" de la part de la N-VA et envisageant comme alternative une coalition tripartite élargie aux écologistes.

Selon lui, le parti de Bart De Wever "s'isole" lui-même de par son "attitude rigide" et l'absence de concertation avec les autres partis flamands".

"Si nous pouvions maintenant réaliser une réforme de l'Etat sans la N-VA, nous prouverions vraiment que la N-VA est superflue", a-t-il encore souligné.

Wilfried Martens est du même avis "Si la N-VA et le PS sont dans l'impossibilité de former un gouvernement, nous devons réfléchir à des alternatives", a affirmé Wilfried Martens lors de l'émission radio De Ochtend de la VRT. Ces alternatives sont, selon lui, de nouvelles élections législatives ou la formation d'un gouvernement reposant sur une tripartite classique, avec l'appoint des écologistes.

Selon lui, Wouter Beke doit disposer de toutes les chances pour réussir sa mission. Il faut néanmoins examiner des alternatives.

L'ancien Premier ministre s'est ainsi demandé ouvertement si le parti nationaliste est prêt à conclure un compromis sur une réforme de l'Etat par lequel "la N-VA accepte que la Belgique a encore une valeur ajoutée".

Interrogé sur l'hypothèse d'une tripartite colorée de vert, Wilfried Martens a affirmé que "ce n'est peut-être pas souhaitable. "Mais c'est possible non seulement en théorie, mais aussi en pratique", a-t-il ajouté.

Le Vif.be, avec Belga

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