Labille, Di Rupo et Goblet lancent une campagne commune pour la protection sociale

23/03/15 à 13:46 - Mise à jour à 13:46

Source: Belga

Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, Elio Di Rupo, président du PS, et Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, ont lancé lundi matin à Namur une campagne commune visant à promouvoir une protection sociale pour tous.

Labille, Di Rupo et Goblet lancent une campagne commune pour la protection sociale

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"Nous voilà réunis pour faire face, une fois encore, à des velléités conservatrices à l'encontre de ce qui fut la plus belle invention du 20e siècle", déclare Jean-Pascal Labille, parlant d'une "union renouvelée" des progressistes face aux "conservatismes puissants".

"Nos adversaires n'ont qu'une obsession, c'est de revenir en arrière. En se déclarant 'réformatrice', la droite s'en prend aux droits des travailleurs, des familles et des pensionnés. Selon la N-VA, les prochains efforts budgétaires devront se faire presque uniquement en sécurité sociale.

Les nationalistes le savent: mettre en cause notre sécurité sociale, qui est le ciment de notre pays, c'est mettre en cause la Belgique. Et le MR est complice de la forfaiture", dénonce Elio Di Rupo, Marc Goblet reprochant aux libéraux d'avoir "vendu les francophones à la N-VA". Le président socialiste parle d'un "scandale", faisant référence à Margaret Thatcher et au gouvernement Martens-Gol: "A cette époque, la crise économique servait déjà de prétexte à la mise en oeuvre de politiques profondément anti-sociales. Tout ce qu'on a construit pendant des décennies peut être démoli en quelques années", a-t-il indiqué, dénonçant l'attitude "indigne du gouvernement MR - N-VA".

"Sous le règne des conservateurs, la Sécu n'est désormais entrevue que tel un frein à l'activité économique qu'il faut s'atteler à desserrer tant que faire se peut. Les travailleurs sont devenus des variables d'ajustement qu'on active ou désactive en fonction des besoins de rentabilité exigés par le marché", a souligné Jean-Pascal Labille, ajoutant que "la protection sociale et le développement économique sont les deux faces d'une même pièce".

Marc Goblet a dénoncé une "société de plus en plus élitiste où on remet en question la protection sociale, une société dans une logique individuelle". "Nous devons attaquer la droite qui veut attaquer le modèle que nous avons construit. Le jour où on aura la capacité de mettre l'humain avant l'argent, on pourra dire que le projet socialiste a gagné", s'est-il exclamé.

Le secrétaire général de la FGTB, qui plaide pour une "fiscalité moins forte pour les revenus faibles et moyens", a salué cette union progressiste, "seule réponse à l'alternative libérale": "Nous devons nous battre, regagner du sens, car parfois, on s'est laissé un peu trop éloigner. Nous pouvons le faire chacun dans notre rôle et dans notre indépendance."

"L'action commune socialiste", qui fait "le choix de la solidarité comme pilier de notre société", a quatre revendications: l'inscription de la protection sociale dans les lois de chaque pays, son financement, la participation des organisations sociales aux décisions politiques qui y sont liées, le renforcement de la sécurité sociale en Belgique et en Europe.

Solidaris, le PS, la FGTB et l'ONG Solidarité Socialiste s'investissent aux côtés d'autres organisations, membres du CNCD-11.11.11., dans une campagne Nord-Sud pour la protection sociale qui se déploiera en 2015 et 2016. Dans le monde, cinq milliards de personnes n'ont pas accès à une protection sociale complète, indiquent-ils.

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