La Wallonie donne son feu vert à la signature du CETA

28/10/16 à 16:28 - Mise à jour à 16:38

Source: Afp

Le Parlement de la région belge de Wallonie, d'où est partie il y a deux semaines la fronde anti-CETA, a donné vendredi son feu vert à la signature par la Belgique de ce traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, ont constaté des journalistes de l'AFP à Namur.

La Wallonie donne son feu vert à la signature du CETA

Paul Furlan, Maxime Prevot, Paul Magnette et Jean-Claude Marcourt au parlement wallon. © BELGA

Par 58 voix pour et 5 contre, les députés ont approuvé une motion autorisant le gouvernement à déléguer son pouvoir de signature au fédéral pour parapher le traité au nom de la Belgique et de ses entités fédérées.

La motion a été approuvée par la majorité PS-cdH, avec l'appui de l'opposition MR ainsi que le député indépendant André-Pierre Puget. L

'opposition Ecolo et PTB, déplorant des avancées en-deçà, selon elle, de ce qu'avait exigé le Parlement il y a quinze jours encore, a voté contre. Les élus de ces deux partis ont en outre déploré devoir se prononcer sur le compromis en moins de 24 heures. Une contrainte inconciliable avec la démocratie, selon eux.

Lors du débat qui a précédé le vote, le chef de l'opposition MR, Pierre-Yves Jeholet a dénoncé l'"instrumentalisation" et l'"intoxication" qu'il y avait eu autour du CETA, "présenté comme une monstruosité", a-t-il jugé. Il a toutefois reconnu que le forcing wallon avait permis d'obtenir certaines clarifications au traité, et même des "avancées".

Maintenant que le différend est aplani, il a invité le ministre-président à travailler sans tarder à corriger "l'image écornée" de la Wallonie après son bras de fer avec le Canada et l'UE et à "rétablir nos relations avec nos partenaires européens, mais aussi d'Outre-Mer".

Très en verve vendredi, la députée PS Olga Zrihen (PS) n'a pas caché sa satisfaction envers les acquis wallons, notamment au profit des PME. "Ces PME que vous dites défendre, M. Jeholet, c'est nous qui leur donnons aujourd'hui des armes pour se défendre! ", a-t-elle lancé en écho à l'accès facilité des PME au mécanisme de résolution des différends. Pour le cdH, François Desquesnes a lui aussi attaqué le MR qui, présent au niveau fédéral, a très mal défendu, selon lui, les agriculteurs wallons lors de la rédaction initiale du CETA.

Ecolo, jusqu'il y a peu encore allié du PS et du cdH sur le dossier du CETA, n'a pas caché sa déception, listant toutes les revendications du Parlement qui restent aujourd'hui insatisfaites. "Nous avions une résolution très forte. Elle n'est pas rencontrée", a jugé Hélène Ryckmans. S'il y a bien des engagements, ceux-ci sont peu clairs, selon elle. "Pour un traité qui se veut de nouvelle génération, il manque une ambition forte qui se traduit par des mécanismes clairs".

Frédéric Gillot (PTB) a dénoncé de son côté un "coup de force de l'establishment européen". Pour la formation marxiste-léniniste, l'ADN du traité n'a en effet nullement été modifié, à savoir augmenter les profits des multinationales canadiennes et européennes. "Vous dites que le Parlement pourra à tout moment suspendre les effets du traité", a-t-il lancé à l'adresse du ministre-président. "Mais quand je vois la machine infernale que constitue le CETA, je n'ai même pas envie de la brancher...". A l'issue du vote, les députés wallons ont pris la direction de Bruxelles pour une séance plénière du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, appelé lui aussi à se prononcer sur le CETA amendé. Cette séance doit commencer à 18h30.

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