"La vengeance contre le PS est si profonde que le MR est prêt à courir le risque"

06/08/14 à 10:57 - Mise à jour à 10:57

Source: Le Vif

Selon le ministre d'État Jacky Morael, "la vengeance contre le PS est si profonde que le MR est prêt à courir le risque" d'une coalition suédoise. L'éminence grise évoque le pari kamikaze du MR et son amitié avec Didier Reynders auprès de nos confrères du magazine Knack.

"La vengeance contre le PS est si profonde que le MR est prêt à courir le risque"

© Kaat Pype

Comment voyez-vous aboutir le MR et la coalition kamikaze?

Jacky Morael: "Le MR prend un risque gigantesque. Cependant, celui-ci peut également s'avérer favorable. Si l'économie reprend, la majorité au pouvoir pourra peut-être en récolter les fruits. En outre, le revanchisme et les sentiments de revanche à l'égard du PS sont tellement profonds au MR, qu'ils sont prêts à prendre le risque".

Les libéraux ont évidemment remporté les élections en Wallonie. "Certainement, mais n'oubliez surtout pas qu'à Bruxelles et en Wallonie le MR se trouve dans l'opposition depuis dix ans. Certains membres de ce parti ne tiennent vraiment plus. Ils veulent des ministres et des cabinets ministériels. Dans une coalition kamikaze, le MR obtiendrait sept postes de ministre. C'est donc le jackpot. Pourtant, cette formule soulève plusieurs questions importantes. Comment fonctionnera-t-elle en pratique ? Quels seront les rapports de pouvoir ? Quid de l'absence de majorité dans le groupe linguistique français? Dans le gouvernement fédéral précédent, il manquait deux sièges à la Chambre aux Flamands. Cependant, dans cette construction, le MR deviendra ultraminoritaire dans le groupe linguistique français. Les libéraux francophones auront tout le monde contre eux : le PS, le PTB, Ecolo et le cdH".

Que pense le Wallon moyen du gouvernement de minorité francophone?

"Cela dépend. Si vous votez MR, vous haïssez le PS et vous êtes ravi, même si c'est dans un gouvernement avec la N-VA, à la perspective que ces fumiers de socialistes se retrouvent probablement dans l'opposition au niveau fédéral. L'électeur MR moyen est également ravi d'avoir enfin une politique de centre droit. J'attends de voir ce dernier point, car en économisant 17 milliards d'euros, on n'a pas d'espace pour faire de la politique".
"Je vois deux types parmi les électeurs PS, et j'en connais beaucoup à Liège. Il y a ceux qui disent que les libéraux sont des couillons qui feraient un gouvernement avec n'importe quoi. Et il y a ceux qui disent, laissez-les faire, laissez-les couper dans les dépenses, nous occuperons les rues de Bruxelles avec la FGTB et nous remporterons les prochaines élections".

Vous venez de Liège, tout comme Didier Reynders (MR). Le MR devrait-il exiger le poste de premier ministre pour Reynders dans cette coalition kamikaze ?

"Quoi qu'il en soit, les francophones se trouveront dans une position de négociations faible par rapport aux trois partis flamands, dont la N-VA. On le verra vite dans le dossier des vols de nuit. Que fera le MR ? Que va-t-il obtenir ? Cependant, ce n'est pas à moi de dire que le MR doit exiger le poste de premier ministre. Je ne connais pas non plus les projets secrets de Didier Reynders".

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