La Turquie redoute d'avoir jusqu'à 600.000 nouveaux réfugiés syriens à sa frontière

08/02/16 à 21:13 - Mise à jour à 21:13

Source: Belga

(Belga) La Turquie redoute que les combats en cours autour de la ville syrienne d'Alep provoquent un nouvel afflux de réfugiés pouvant atteindre jusqu'à 600.000 personnes à ses frontières, a déclaré lundi soir le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus à l'issue d'un conseil des ministres.

"Le pire scénario qui pourrait se produire dans cette région à court terme ce serait un nouvel afflux de 600.000 réfugiés à la frontière turque", a déclaré le porte-parole du gouvernement turc devant la presse. Lancée il y a une semaine, l'offensive menée par l'armée fidèle au président syrien Bachar al-Assad, avec le soutien de frappes aériennes russes, contre les rebelles autour de la ville d'Alep (nord) a poussé des dizaines de milliers de civils sur les routes de l'exode. "En conséquence de cette situation (autour d'Alep), nous observons que 200.000 personnes sont forcées à l'exode, dont 65.000 en direction de la Turquie et 135.000 à l'intérieur de la Syrie", a ajouté M. Kurtulmus. Quelque 30.000 d'entre eux, pour l'essentiel des femmes et des enfants, se pressent déjà, dans le froid et des conditions extrêmement précaires, devant le poste-frontière turc d'Oncupinar, que le gouvernement turc maintient pour l'heure fermé. "Notre objectif pour l'instant est de maintenir autant que possible cette vague de migrants au-delà des frontières de la Turquie, et de leur fournir à cet endroit les services nécessaires", a également indiqué le vice-Premier ministre. Depuis plusieurs jours, les autorités turques ont répété que leur politique de "porte ouverte" à l'endroit des Syriens restait inchangée et qu'elles étaient prêtes, si nécessaire, à accueillir cette nouvelle vague sur leur sol. "Evidemment, comme toujours, nous allons subvenir aux besoins de nos frères syriens et les accepter quand ce sera nécessaire", a dit lundi le Premier ministre Ahmet Davutoglu à l'issue d'un entretien à Ankara avec la chancelière allemande Angela Merkel. M. Davutoglu a toutefois clairement prévenu que son pays, qui abrite déjà 2,7 millions de Syriens, ne supporterait pas à lui seul "tout le fardeau" de l'accueil des réfugiés. (Belga)

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