La Turquie accuse l'Europe de se tourner vers la "barbarie" et le "fascisme"

04/09/17 à 18:41 - Mise à jour à 18:44

Source: Belga

(Belga) Le ministre turc des Affaires étrangères a accusé lundi l'Europe de revenir aux "valeurs" qui prévalaient juste avant la Deuxième Guerre mondiale, comme "la barbarie", sur fond de tensions grandissantes avec l'Allemagne, après qu'Angela Merkel a annoncé vouloir un arrêt des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE.

Mevlüt Cavusoglu a jugé que l'Europe "se tournait vers les valeurs de l'ère ayant précédé la Deuxième Guerre mondiale... barbarie, fascisme, violence, intolérance". Dans un communiqué, son ministère a en outre accusé les dirigeants politiques allemands d'encourager l'"islamophobie", soulignant que la Turquie avait aidé l'Europe pendant l'"important chaos" lié, selon lui, à l'arrivée de nombreux réfugiés en Europe, en 2015. Dimanche soir, au cours d'un débat télévisé à l'approche des élections législatives allemandes du 24 septembre, la chancelière Angela Merkel, s'est dite favorable à un arrêt des négociations sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, provoquant la colère d'Ankara, sur fond de multiplication des passes d'armes entre la Turquie et l'Allemagne, pays alliés dans l'Otan. Lundi, le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik, a quant à lui critiqué le "populisme" des dirigeants politiques en Allemagne. Le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part reproché le "manque de vision" et la "soumission au populisme" de la chancelière allemande. Les relations entre la Turquie et l'Allemagne se sont particulièrement tendues depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie les faits. Berlin dénonce depuis des mois les purges effectuées par le pouvoir turc à la suite du coup d'Etat avorté et accuse Ankara d'avoir mis en détention 11 citoyens allemands, ayant pour certains aussi la nationalité turque, pour des "raisons politiques". (Belga)

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