La Sûreté de l'Etat souffre d'un manque criant de personnel

22/04/15 à 19:45 - Mise à jour à 19:44

Source: Belga

La Sûreté de l'Etat est confrontée à un manque criant de personnel à tel point que le service, qui effectue notamment des missions de protection de chefs d'Etat et de gouvernement et d'autres personnalités, doit refuser une mission sur quatre et doit parfois avoir recours à une société de location de limousine, rapporte le journaliste du Tijd, Lars Bové.

La Sûreté de l'Etat souffre d'un manque criant de personnel

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Le journaliste, auteur d'un livre intitulé "De Geheimen van de Staatsveiligheid" (Les secrets de la Sûreté de l'Etat), a pu consulter un rapport secret du Comité R, l'organe en charge du contrôle des services de renseignement et de sécurité.

Le nombre de sommets internationaux organisés à Bruxelles, par ailleurs capitale de l'Union européenne, a fortement augmenté ces dernières années, nécessitant la protection, entre autres, de chefs d'État et de gouvernement. Mais en raison d'un manque de personnel, la Sûreté de l'État refuse une demande de protection sur quatre.

Autre conséquence: le nombre d'heures supplémentaires explose. Entre 2010 et 2013, l'accumulation de celles-ci a franchi la barre des 44.000 heures. Afin de compenser le manque de personnel, des officiers de renseignement sont utilisés pour mener à bien des missions de protection. Et dans certains cas, la Sûreté de l'État se voit contrainte de recourir aux services d'entreprises de location de limousine.

L'ancien patron de la Sûreté de l'État, Alain Winants, impute la responsabilité cette situation aux différents gouvernements qui se sont succédé. "Le gouvernement nous a promis à plusieurs reprises des moyens supplémentaires mais nous n'avons jamais rien reçu".

L'actuel administrateur de la Sûreté de l'État, Jaak Raes, estime qu'il revient à la police de prendre elle-même en charge ces missions de protection. Ce dernier ne voit par ailleurs pas de problème au fait de faire appel à des sociétés de location de limousines, jugeant que le service de protection de la Sûreté de l'État ne doit intervenir "que s'il y a un véritable risque en matière de sécurité".

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