La SNCB en grève "au moins jusqu'à mardi..."

27/05/16 à 19:04 - Mise à jour à 20:57

Source: Belga

Le dialogue entamé vendredi entre les syndicats et la direction de HR Rail s'est clôturé vers 18h45. Des propositions ont été formulées pour résoudre le problème des jours de crédit, mais les syndicats doivent consulter leurs bases, a déclaré Michel Abdissi, secrétaire général de la CGSP Cheminots. La grève sur le rail entamée mercredi soir se poursuivra "au moins jusqu'à mardi".

La SNCB en grève "au moins jusqu'à mardi..."

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Démarrées vendredi vers midi, les négociations portent sur une circulaire de HR Rail, l'employeur juridique du personnel de la SNCB et d'Infrabel, visant à réduire les "jours de crédit", sorte de récupérations de temps de travail. Les contrats des travailleurs prévoient en effet 36 heures par semaine, alors qu'ils en prestent 38. La différence (104 heures par an) est récupérée sous forme de 13 jours de "crédit" par an.

La direction propose désormais que soient prises en compte dans le calcul de ces récupérations uniquement les heures effectivement prestées et non les jours de maladie ou de congé. "Lorsqu'un travailleur sera absent 18 jours, un jour de crédit lui sera enlevé", explique Marianne Lerouge, responsable du secteur rail à la CSC Transcom.

Pendant les négociations de vendredi, la direction a refusé de retirer la circulaire, mais a accepté de la modifier sous conditions.

La direction est d'accord de retirer les jours de congé dans le calcul des jours de crédit. Ne resteront donc que les jours de maladie.

Mais elle souhaite en contrepartie le retrait d'un jour de congé extralégal, le 15 novembre. Une autre condition est la suppression d'un autre jour de congé en 2017 encore à déterminer.

"La direction nous a expliqué qu'elle était dos au mur à cause des restrictions budgétaires du gouvernement", relève Marianne Lerouge. "Elle propose des mesures alternatives, mais qui auront le même effet", à savoir l'augmentation de la productivité des travailleurs.

Selon elle, des économies pourraient être faites ailleurs que sur le personnel, évoquant la sous-traitance, la filialisation de la SNCB ou encore la consultance.

Les syndicats étaient mandatés par leur base pour le retrait de la circulaire. Comme ils n'y sont pas parvenus, ils doivent la consulter avant d'accepter ou de refuser les conditions proposées par la direction. Cette consultation se fera lundi matin et les discussions avec la direction se poursuivront à partir de 14h30 lundi au siège de HR Rail.

"On reste dans l'impasse", a commenté Michel Abdissi. "Les mouvements de grève continuent jusqu'à lundi, mais un préavis de grève est de toute façon déposé à partir de lundi 22h. Le mouvement se poursuivra donc jusqu'à mardi au moins."

"Il est évident que le retour à une situation normale au niveau du terrain favoriserait la sérénité des débats", a commenté HR Rail dans un communiqué diffusé vendredi soir. "La direction attend la position des instances des organisations syndicales et est disponible pour poursuivre les discussions, même le week-end."

La circulation des trains perturbée ce week-end

"La SNCB conseille à ses voyageurs tant pour samedi que dimanche de tenir compte d'une circulation ferroviaire perturbée à la suite de l'action syndicale", met en garde la société ferroviaire vendredi soir.

"Il est impossible de prévoir pour ce week-end les lieux et l'impact exacts de ces actions. Celles-ci peuvent être différentes d'une région à l'autre mais au vu de la configuration du réseau, les perturbations pourraient se faire ressentir sur tout le réseau", poursuit la SNCB.

La SNCB conseille donc à ses clients de suivre les canaux d'information de la SNCB (site web, les comptes Twitter et Facebook, l'application et les annonces dans les gares).

"En Wallonie, il y avait très peu de circulation de train ces jeudi et vendredi, tandis qu'en Flandre, les perturbations étaient ressenties un peu partout avec cependant des différences régionales", relève encore la société.

La grève risque de se répercuter sur les 20 KM de Bruxelles

La grève des cheminots risque de se répercuter sur la participation aux 20 KM de Bruxelles, privant certains participants de s'y rendre en train. Du côté des chemins de fer, on assure "mettre tout en oeuvre pour proposer un service aux voyageurs dans la limite de ce qui est faisable".

Quelque 39.600 personnes, parmi lesquelles nombreuses sont celles qui viennent de Wallonie et de Flandre, sont inscrites à la 37e édition des 20 KM de Bruxelles, qui aura lieu dimanche.

Les organisateurs de la grand-messe du jogging bruxellois se disent pris au dépourvu. "Nous aurions pu imaginer de faire appel à des autocaristes. Mais apprenant cela un vendredi soir, nous n'avons plus le temps", a commenté Carine Verstraeten, du syndicat d'initiatives Bruxelles Promotion.

Du côté des chemins de fer, on "fait tout ce qu'on peut pour proposer un service aux voyageurs. Mais pour cela, il faut du personnel et du matériel disponibles", affirme un porte-parole, selon qui "il est prudent de continuer à s'informer de la situation en temps réel" car certains trains circulent selon un plan de transport alternatif, c'est-à-dire selon des horaires différents que d'habitude.

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