La Russie renvoie en Ouzbékistan des migrants qui y sont torturés, dénonce Amnesty

21/04/16 à 02:43 - Mise à jour à 02:43

Source: Belga

(Belga) Des centaines de demandeurs d'asile, de réfugiés et de travailleurs migrants ont été expulsés de Russie, voire enlevés, et renvoyés de force en Ouzbékistan, leur pays d'origine, où ils ont été torturés. En apportant leur aide à ces renvois, les autorités russes se font "complices" d'actes de torture, accuse l'ONG Amnesty International dans un rapport publié jeudi.

D'après le document publié en anglais, intitulé "Fast-track to Torture: Abductions and Forcible Returns from Russia to Uzbekistan", la Russie a coopéré avec l'Ouzbékistan dans des centaines de cas d'expulsion, tout en sachant que les personnes concernées risquaient d'être torturées. Dans quelques rares cas, la Russie a refusé la demande d'extradition mais en laissant toute la latitude aux forces de sécurité ouzbèkes pour enlever sur le territoire russe les ressortissants ouzbeks recherchés. C'est notamment ce qu'a vécu Mirsobir Khamidkariev, un producteur de cinéma et homme d'affaires ouzbek. Après avoir exprimé son soutien à l'égard des femmes portant le foulard lors d'un rassemblement informel, il a été accusé d'avoir créé un groupe islamiste illégal. Alors que la Russie a officiellement refusé son extradition, il a été remis par des agents des services de sécurité russes à leurs homologues ouzbeks. En Ouzbékistan, l'homme a été torturé et condamné à huit ans d'emprisonnement pour extrémisme. Les autorités ouzbèkes invoquent régulièrement la "lutte contre le terrorisme" et les activités "hostiles à l'Etat" pour justifier des poursuites à l'encontre d'opposants politiques ou de contestataires. Ces trois dernières années, la Cour européenne des droits de l'homme a dénoncé à au moins 17 reprises les renvois forcés vers l'Ouzbékistan. L'Ouzbékistan et la Russie "doivent immédiatement mettre fin à la torture et aux enlèvements, et déférer à la justice tous les responsables de ces violations des droits humains", implore John Dalhuisen, directeur d'Amnesty International pour l'Europe et l'Asie centrale. (Belga)

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