La réforme de l'Etat au coeur des discours

21/07/13 à 19:05 - Mise à jour à 19:05

Source: Le Vif

L'édition 2013 de la Fête nationale a été riche en discours, qui ont mis la 6e réforme de l'Etat en avant. Une réforme de l'Etat qui a franchi un cap important dimanche puisque le secrétaire d'Etat aux Réformes institutionnelles, Servais Verherstraeten, a annoncé le dépôt au parlement des textes qui la mettent en oeuvre.

La réforme de l'Etat au coeur des discours

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Les problèmes institutionnels et communautaires sont un thème récurrent des discours royaux. Il y a deux ans, l'allocution d'Albert II avait pris un tour particulier. La crise née des élections de juin 2010 avait vécu un nouvel épisode quelques jours plus tôt avec le refus affiché par la N-VA de négocier un accord sur la base d'une note du formateur Elio Di Rupo. Le roi avait alors adressé une mise en garde sévère au monde politique contre les risques de cette crise, à commencer par celui de la montée du poujadisme. Quelques heures plus tard, huit partis s'accordaient sur la façon d'entamer des négociations...

Deux ans ont passé et le comité de mise en oeuvre des réformes institutionnelles (Comori) a bouclé ses travaux en finalisant deux volets essentiels: les transferts de compétences et la révision de la loi de financement. Le centre de gravité s'est déplacé du fédéral vers les entités fédérées, comme promis, a rappelé à cette occasion M. Di Rupo, devenu depuis lors premier ministre.

Si le discours du nouveau roi, prononcé après sa prestation de serment, ne va pas jusqu'à parler de déplacement, il n'en accorde pas moins une place importante aux entités fédérées, à l'image des quatre blasons régionaux disposés en arrière-fond du trône, sur le thème de l'unité dans la diversité.

"La nouvelle réforme de l'Etat réalise un transfert de compétences important aux entités fédérées. Cela rapprochera les citoyens de la prise de décisions. Cela permettra de mieux rencontrer les défis de l'avenir. La force de la Belgique réside également dans ses entités fédérées", a déclaré Philippe devant les chambres réunies. Et de préciser, comme en écho au souhait exprimé il y a quelques jours par le ministre-président flamand Kris Peeters d'un entretien régulier avec le chef de l'Etat: "J'entends entretenir des contacts constructifs avec leurs responsables".

La veille, son père Albert II n'avait pas lui aussi manqué d'aborder cette réforme qui a vu le jour sous son règne. La Belgique, a-t-il rappelé, est passée d'un Etat unitaire à un Etat fédéral où les entités fédérées jouissent d'une "très large autonomie". "Avec la mise en oeuvre de la 6e réforme de l'Etat, cette autonomie va se renforcer considérablement", a-t-il ajouté.

Albert s'est attardé aussi à remercier tous ceux qui ont permis ces accords et a salué "l'énorme travail réalisé ces derniers mois par le gouvernement et... ses collaborateurs". Étonnement parmi les commentateurs politiques: les écologistes qui se sont joints à la négociation de la réforme ne font pas partie de la majorité gouvernementale au fédéral.

Dans les réactions qui ont suivi la prestation de serment, les allusions à cette réforme institutionnelle se sont aussi répétées. Un pays qui s'est stabilisé, a relevé le président du PS, Paul Magnette, tandis que Charles Michel évoquait un nouvel élan de la Belgique et Ecolo une Belgique fédérale modernisée.

Les partis flamands se sont montrés plus avares en réactions, puisque seul le CD&V et le Vlaams Belang ont envoyé un communiqué à l'occasion de la prestation de serment. Le président des chrétiens-démocrates flamands, Wouter Beke, a souhaité "force et inspiration" à Philippe dans un message qui exprimait aussi les attentes du CD&V à l'égard du nouveau roi: la 6e réforme de l'Etat a fait de la Belgique un autre pays, dont le centre de gravité s'est déplacé; le chef de l'Etat devra donner un "contenu contemporain" à la monarchie, faire preuve d'un grand sens du service et respecter une grande réserve.

Signe d'un pays qui a changé? D'un centre de gravité qui s'est déplacé? Si l'on en croit les historiens, c'est la première fois depuis Leopold II qu'une prestation de serment n'est pas troublée par un "Vive la république".

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