La "quasi impunité" des médias et le "journalisme de pacotille" critiqués par Leo Neels

16/09/13 à 21:24 - Mise à jour à 21:24

Source: Le Vif

Lors de son discours d'adieu en tant que professeur de droit des médias à l'Université de Louvain (KU Leuven), Leo Neels a critiqué lundi la "quasi impunité" des médias dans le système judiciaire belge.

La "quasi impunité" des médias et le "journalisme de pacotille" critiqués par Leo Neels

© Image Globe

Selon lui, les démocraties ont traditionnellement accordé une grande importance à la liberté des médias mais, par conséquent, les droits fondamentaux comme l'honneur et la réputation sont régulièrement mis en péril.

"Je ne souhaite pas l'instauration d'un climat répressif pour les médias, d'un cumul de règles de restriction de contenus ou la poursuite de journalistes, mais je suis convaincu que la profession de journaliste s'améliorerait si elle fonctionnait dans un cadre légèrement normalisé de responsabilité professionnelle et de contrôle judiciaire", a indiqué Leo Neels, ajoutant également qu'à peine 47,6% des Belges faisaient confiance aux médias. Selon lui, l'immunité juridique actuelle ne mène pas toujours "à des agissements professionnels, éthiques et légaux."

Leo Neels a également souligné que la liberté protégée des médias était initialement censée leur permettre d'apporter une contribution à la société démocratique mais qu'elle impose également la responsabilité d'aborder des questions socialement pertinentes. Il a notamment évoqué le "journalisme de pacotille" dont les médias flamands se rendent régulièrement coupables en évoquant par exemple l'affaire des pandas, en accordant la première page aux Femen ou en cherchant le nom du prochain Premier ministre.

Selon Leo Neels, plusieurs rédactions veulent travailler différemment mais hésitent actuellement "trop à faire des choix robustes pour la pertinence de leur journalisme, pour un journalisme de qualité et le développement des interactions avec le public".

Leo Neels était maître de conférence en droit des médias et de la communication à la KU Leuven et à l'Université d'Anvers. Il continue à enseigner à Anvers. Depuis 2003, il était également directeur de Pharma.be, l'Association générale de l'industrie du médicament, une fonction à laquelle il a renoncé. Il est également président du

Conseil d'administration de l'agence de presse Belga et écrit des analyses des médias pour l'hebdomadaire Knack. Il a par ailleurs été directeur-général de VTM entre 1990 et 1993.

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