La production alimentaire au plus bas en Syrie après cinq ans de guerre

15/11/16 à 16:04 - Mise à jour à 16:06

Source: Belga

(Belga) La production alimentaire en Syrie a atteint un plus bas historique après cinq ans de guerre, ont alerté mardi l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (WFP).

La production alimentaire au plus bas en Syrie après cinq ans de guerre

La production alimentaire au plus bas en Syrie après cinq ans de guerre © BELGA

"La production alimentaire en Syrie a atteint un plus bas record alors que l'insécurité croissante et des conditions météorologiques défavorables dans certaines parties du pays ont continué à entraver l'accès à la terre, au matériel agricole et aux marchés", informent les deux organismes dans un communiqué commun. Ces conditions "rendent encore plus difficile pour les agriculteurs de maintenir leurs moyens de subsistance et de nourrir (leur) pays déchiré par la guerre", ajoutent-ils. Environ 8,7 millions de personnes, soit plus d'un tiers de la population, manquent de nourriture, indiquaient les deux organisations en août. "L'agriculture était la principale source de revenus pour les foyers ruraux avant la crise (...) mais ses ressources sont sollicitées à l'extrême et les agriculteurs ont largement épuisé leur capacité à faire face", souligne Abdessalam Ould Ahmed, directeur général-adjoint de la FAO. Selon une mission d'évaluation menée par la FAO et le WFP, les zones réservées à la culture de céréales au cours de la saison 2015-2016 n'ont jamais été aussi réduites: les agriculteurs syriens ont planté quelque 900.000 hectares de blé l'an dernier, contre 1,5 million d'hectares avant le déclenchement du conflit. "Dans le même temps, la production montre un déclin encore plus drastique" puisqu'elle est passée "d'environ 3,4 millions de tonnes de blé récoltées avant la guerre à 1,5 million de tonnes cette année, soit une baisse de 55%", précisent les deux organismes. En outre, les agriculteurs souffrent d'un accès difficile à des semences de qualité, des engrais, des machines ou encore du carburant nécessaires au fonctionnement des pompes et tracteurs. Ils ont également pâti à de faibles précipitations et de la destruction de précieuses infrastructures d'irrigation. Conséquence du conflit, les éleveurs éprouvent des difficultés à nourrir leur bétail, pour des raisons économiques mais aussi d'accès à la terre et à l'eau, ce qui a conduit nombre d'entre eux à vendre ou abattre leurs moutons, chèvres et volailles, indiquent la FAO et le WFP. Les agriculteurs n'auront bientôt plus d'autre solution que d'abandonner la production alimentaire s'ils ne reçoivent pas un soutien immédiat, s'inquiètent la FAO et le WFP. (Belga)

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