La preuve que le Belge est autant barbare que poète

30/10/15 à 11:06 - Mise à jour à 15:53

Source: Le Vif/l'express

Concepteur de l'expo-événement du moment, à Bruxelles, Antonio Nardone offre une définition inédite de l'art belge. A ses yeux, deux tendances - dont le rapprochement est à lui seul étonnant - sont inscrites dans l'ADN de nos artistes : ils s'affichent barbares et poètes.

Pourquoi existe-t-il en Belgique un essaim d'artistes un peu étranges qui écrivent en dehors des lignes artistiques classiques ? Dans un surprenant jeu de correspondances, l'exposition I Belgi. Barbari e Poeti trace les contours d'une réelle filiation (pas toujours consciente, ni évidente) entre nos artistes. Explosant joyeusement les conventions, n'ayant peur ni du grotesque ni du tragique, le Belge est un rebelle. De Breughel aux plasticiens contemporains, un nombre inouï d'artistes abordent la production plastique de manière décalée et libérée. Certes, des questions sérieuses y sont abordées avec humour et légèreté, mais n'est-il pas exagéré de leur flanquer le qualificatif de "barbare" (quotidiennement utilisé pour qualifier les actes cruels ou sauvages) ? En réalité, ce terme - un brin racoleur - doit être employé avec précaution, dans sa première acception. Sans connotation dénigrante, "barbare" désigne à l'origine simplement ce qui est étrange(r) : celui qui se place de l'autre côté de la barrière, qui ne se soumet pas aux conventions, que l'on ne comprend pas... Le barbare est aussi un peu le provocateur, celui qui tente d'autres choses.
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