La pression démographique sur les quartiers pauvres de Bruxelles est trop forte

21/03/16 à 14:17 - Mise à jour à 14:17

Source: Belga

(Belga) Les quartiers précarisés de Bruxelles accueillent une partie importante des nouveaux immigrés pauvres. Parallèlement, les politiques publiques encouragent l'installation de nouveaux résidents issus des classes moyennes dans ces quartiers, pour y favoriser la mixité sociale. Au final, "la pression démographique sur ces territoires déjà très denses est énorme", constatent trois géographes de l'ULB dans une étude publiée lundi dans la revue "Brussels Studies".

La pression démographique sur les quartiers pauvres de Bruxelles est trop forte

La pression démographique sur les quartiers pauvres de Bruxelles est trop forte © BELGA

L'étude réalisée par Gilles Van Hamme, Taïs Grippa et Mathieu Van Criekingen, trois géographes de l'ULB, vise à mieux cerner les mouvements migratoires en Région de Bruxelles-Capitale et leur impact sur l'évolution socio-démographique des quartiers. Les auteurs se sont basés sur des données de la Banque carrefour de la sécurité sociale de 2005 et 2010. Ces données confirment clairement l'existence d'un croissant pauvre, qui va de Saint-Josse à Saint-Gilles en passant par Anderlecht et Molenbeek. Ces quartiers constituent en partie "des zones de transit accueillant des immigrés récemment arrivés de l'étranger et voyant partir une partie de leurs habitants vers le reste de Bruxelles ou de la Belgique", observent les chercheurs. Mais une part importante de leur population y reste de manière durable et, d'autre part, ceux qui quittent ces quartiers ne sont pas forcément dans un mouvement d'ascension sociale. Au contraire, selon les auteurs de l'étude: ils participent généralement à un processus d'extension spatiale de la pauvreté vers l'ouest de la Région. Les territoires bourgeois du sud-est, eux, sont très largement fermés aux dynamiques migratoires, tant intérieures que depuis l'étranger. Ils connaissent une pression démographique deux fois inférieure à la moyenne régionale. De nouvelles politiques de logement s'imposent pour "ne pas faire porter toute la charge de la pression démographique sur les quartiers défavorisés", concluent les géographes de l'ULB. (Belga)

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