La police "fâchée" par les retransmissions en direct de l'intervention policière de Molenbeek

17/11/15 à 12:47 - Mise à jour à 12:57

Source: Le Vif/l'express

Ce lundi 16 novembre, les journalistes étaient en nombre pour suivre en direct l'intervention policière menée à Molenbeek. Une couverture médiatique intensive qui n'a pas été du goût de la police.

La police "fâchée" par les retransmissions en direct de l'intervention policière de Molenbeek

Les forces de l'ordre lors de leur intervention à Molebeek ce lundi 16 novembre. © BELGA

L'intervention policière menée ce lundi à Molenbeek a été suivie de très près par les télévisions belges et étrangères qui ont diffusé en direct les images du quartier où elle se déroulait. Et cela, au plus grand désarroi de la police qui a été obligée de fortement insister auprès des médias sur place via Twitter et via l'agence Belga pour ne pas qu'ils diffusent d'images LIVE de leur travail.

Ces retransmissions pouvaient en effet mettre à mal leur action si un des suspects recherchés suivait les images à la télévision. La police s'offusque : "Est-ce qu'un scoop est plus important que la vie d'une personne ?".

La police "fâchée" par les retransmissions en direct de l'intervention policière de Molenbeek

© AFP

"Une intervention de ce style peut être filmée, cela ne nous pose pas de problèmes", déclare Peter De Waele, porte-parole de la police fédérale, cité par De Morgen. "Mais je veux parler d'images globales. Je pars du principe que les journalistes sont des personnes intelligentes. Ils doivent savoir qu'on ne montre pas en direct l'endroit précis où évoluent nos hommes sur les toits. De cette manière, cela peut aider la personne qui se cache à l'intérieur du bâtiment. Je trouve cela impensable que l'on doive faire explicitement ce genre de demande.".

Le conflit avec la police est inévitable

Si la plupart des médias ont respecté la demande de la police ou diffusé des images avec un délai (une minute à la BBC et 10 sur la VRT), le caméraman de VTMNieuw a continué à zoomer en direct sur l'endroit précis du bâtiment où intervenaient les policiers. Ce n'est qu'après un coup de fil de la police à la rédaction en chef que la caméra a arrêté de pointer l'endroit sensible. "Comme la police, nous essayons de faire notre métier le mieux que nous pouvons", déclare Kris Hoflack, rédacteur en chef de VTMnieuws. "Nous faisons notre possible pour être au premier rang pour récolter l'information, le conflit avec la police est inévitable. Nous avons fait un direct pendant une grande partie de la matinée et nous avons délibérément décidé de ne pas retransmettre certaines images, car nous ne voulions pas mettre la vie de certaines personnes en danger. Mais l'intérêt général d'informer correctement est un principe important de la démocratie." De Waele ne veut pas critiquer un seul média. "Nous demandons simplement à tous de faire preuve de bon sens. Aux États-Unis, les services de police ont la possibilité de bloquer les retransmissions télévisées et les signaux GSM. Ce serait dommage qu'on doive en arriver là", conclut-il.

Le conflit d'intérêts entre médias et forces de l'ordre avait déjà été soulevé lors du traitement des attentats contre Charlie Hebdo et des prise d'otages en janvier à Paris. Des images diffusées par BFM-TV auraient pu mener l'attaquant à découvrir que des personnes étaient cachées dans le sous-sol du magasin Cacher, au péril de leur vie.

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