La police charge et gaze les agriculteurs

07/09/15 à 13:50 - Mise à jour à 16:40

Source: Belga

La police a chargé et fait usage de gaz lacrymogènes à l'encontre des agriculteurs regroupés sur le rond-point Schuman. Ceux-ci visaient les agents avec toutes sortes de projectiles, dont des pavés arrachés au sol et des bouteilles, a constaté l'agence Belga, lundi vers 16h00.

La police charge et gaze les agriculteurs

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Au moins 7.000 agriculteurs ont traversé Bruxelles. Les précédentes estimations étaient comprises entre 2.000 et 3.000 participants. La police estime qu'avec 4.800 personnes à pied dans le cortège et 1.455 tracteurs dénombrés en tout dans la capitale, le nombre de manifestants doit au moins atteindre les 7.000 personnes.

"Chaque année, 4% des exploitations agricoles disparaissent en Flandre. Est-ce normal? ", pouvait-on lire sur un calicot écrit en flamand. Les manifestants ont dû se frayer un chemin rue Belliard parmi les tracteurs qui stationnaient sur la voie publique. Des pneus de tracteur et des panneaux en bois ont été incendiés sur le parcours. Des manifestants ont bouté le feu à des pneus sous des chevaux de frise alors que les policiers restaient derrière impassibles.

"C'est la première fois que je me rends à Bruxelles et même en Belgique. J'ai deux associés qui m'ont permis de laisser notre exploitation le temps de la manifestation. J'ai déjà manifesté jeudi à Paris", a indiqué Pascal Fauchon, un agriculteur français venu de Normandie, près du Mont-Saint-Michel. "Nous avons nos problèmes franco-français, mais les agriculteurs belges, français et allemands connaissent aussi des problèmes à régler au niveau européen. Nous sommes tous dans une situation difficile, même les grosses exploitations. Le prix du lait se vend chez nous à 30 cents le litre alors que le coût de production dépasse les 35 cents. Nous voulons une réponse concrète de la Commission eurpopéenne, même si l'on sait qu'on ne reviendra pas en arrière en matière de quotas laitiers. Il faut relever le taux d'intervention au niveau européen quand les prix sont trop bas", ajoute ce producteur laitier, qui détient avec ses associés 140 vaches.

La police charge et gaze les agriculteurs

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Le cortège a rejoint en fin de parcours d'autres manifestants réunis au rond-point Schuman à l'appel de l'European Milk Board. Si l'ensemble de ces manifestants dénoncent une chute de leurs revenus, l'EMB, qui représente 100.000 producteurs laitiers européens, et le Copa, principal syndicat agricole européen non sectoriel, ne partagent pas la même analyse de la situation. L'EMB demande aux autorités européennes de mettre sur pied un mécanisme de réduction des volumes produits alors que la demande est en recul en particulier dans l'UE, et ce afin de permettre aux producteurs laitiers d'obtenir un prix équitable. Il reproche au Copa-Cogeca d'avoir soutenu la dérégulation des marchés qui est selon lui à l'origine de la situation actuelle. Pour le Copa-Cogeca, les producteurs sont victimes de la politique internationale, principalement des restrictions sur les exportations imposées par la Russie.

Peu avant le départ du cortège des manifestants, les ministres belges de l'Agriculture, Willy Borsus au niveau fédéral, René Collin pour la Région wallonne et Joke Schauvliege pour la Flandre, ont pris la parole.

"L'Europe n'a pas pris la mesure de ce qui arrivait, avec l'embargo russe et la disparition des quotas. Il faut une régulation et des solutions à court terme", a estimé le ministre wallon de l'Agriculture.

"Les négociations au niveau européen s'annoncent difficiles. L'agriculture européenne est contestée dans sa réalité. Si certains pays comme la Belgique, la France et d'autres souhaitent une réforme des balises, d'autres pays sont moins favroables. Il faut réfléchir à une solution et à un encadrement du marché. Il faut répondre immédiatement aux problèmes de trésorerie", a déclaré pour sa part le ministre libéral Willy Borsus à l'agence Belga. M. Borsus dit partager la plupart des avis du monde agricole européen, notamment lorsqu'il dénonce la volatilité des prix "plus fréquente et plus profonde". "Il faut revoir notre modèle européen pour que les prix soient rémunérateurs", a-t-il conclu.

La Fédération wallonne des agriculteurs (FWA), membre de la Copa, a souligné que pour la première fois, les organisations syndicales belges soutenaient, d'une seule voix, leurs ministres dans leur démarche.

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