La police abandonne les trop dangereux contrôles "BOB"

20/01/15 à 13:38 - Mise à jour à 13:38

Source: Belga

La police a décidé de tirer un trait sur les contrôles d'alcoolémie statiques, lors desquels les agents sont postés au même endroit pendant plusieurs heures. Une décision saluée par les syndicats policiers et l'IBSR

La police abandonne les trop dangereux contrôles "BOB"

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Cette décision fait suite au relèvement du niveau de la menace terroriste en Belgique de deux à trois (sur une échelle de quatre), et au fait que les agents de police constituent une cible privilégiée pour les djihadistes. Il n'y a, par ailleurs, plus assez d'effectifs pour organiser ce type de contrôle, étant donné qu'un grand nombre de policiers a été mobilisé pour assurer la sécurité dans les rues. Le Commissariat général souhaite compenser l'abandon de ces contrôles statiques par un renforcement des contrôles dynamiques, lors desquels les agents changent d'endroit chaque quart d'heure ou demi-heure. Une disposition qui ne plaît toutefois pas aux syndicats.

Les syndicats policiers : la décision prise est jugée "sage"

Le commissariat général de la police a décidé de tirer un trait sur les contrôles d'alcoolémie statiques, lors desquels les agents sont postés au même endroit pendant plusieurs heures. La décision prise est jugée "sage" mardi par les principaux syndicats policiers du pays.

Actuellement, la police effectue principalement des contrôles d'alcoolémie fixes. Les barrages sont établis au même endroit et ce, pendant plusieurs heures. Étant donné les derniers événements survenus à Verviers et l'attentat déjoué sur le sol belge, de plus que le rehaussement du niveau de la menace de 2 à 3 par l'Ocam la semaine dernière, la police a pris la décision de supprimer ces contrôles, jugés trop dangereux pour le personnel policier, et de les compenser par une augmentation des contrôles "dynamiques" où les équipes d'agents ne restent que de 15 à 30 minutes au même endroit. "Nous ne sommes évidemment pas contre, compte tenu du contexte actuel", réagit Vincent Gilles du SLPF. "C'est une très bonne chose pour la sécurité des agents de police." Même son de cloche auprès de la CSC-Police et du SNPS qui soulignent que "la police a fait des choix en fonction du risque" et que "le principe de précaution doit prévaloir". Du côté du SLPF, on craint tout de même que "les objectifs politiques de contrôles ne soient atteints". L'argument, qui pourrait inquiéter l'IBSR, est pourtant rejeté par celui-ci qui estime que les contrôles statiques étaient faciles à communiquer. "Les personnes n'adaptent pas leur comportement s'ils savent où se déroulent les contrôles et comment les éviter. Des contrôles dynamiques sont bien plus efficaces de ce point de vue, car plus difficiles à communiquer et donc à éviter."

Des contrôles BOB "dynamiques"

L'Institut belge pour la Sécurité routière (IBSR) ne voit aucun problème à la suppression des contrôles d'alcoolémie statiques en raison du relèvement de la menace. "Avec des contrôles dynamiques, la police peut en effet mieux contrer la communication des lieux de contrôle sur les réseaux sociaux", estime l'IBSR mardi. Actuellement, la police effectue principalement ses contrôles sur un lieu donné pendant plusieurs heures. Les récents événements survenus à Verviers et l'attentat déjoué contre les forces de l'ordre font craindre à la police que les agents réalisant des contrôles fixes constituent des cibles faciles pour les criminels. De plus, l'augmentation du niveau de la menace fait en sorte qu'un nombre plus restreint d'agents est disponible. Des actions dynamiques, par lesquelles la police mènerait des contrôles à plusieurs endroits, reçoivent la préférence du Commissariat général. L'IBSR ne craint pas que la police mène moins de contrôles de cette manière. "La police nous a assuré que les contrôles se poursuivraient, car le Belge demeure tolérant vis-à-vis de la conduite sous influence." De plus, l'institut critique vivement la manière avec laquelle les contrôles statiques sont annoncés sur les réseaux sociaux. "Les personnes n'adaptent pas leur comportement s'ils savent où se déroulent les contrôles et comment les éviter. Des contrôles dynamiques sont bien plus efficaces de ce point de vue, car plus difficiles à communiquer et donc à éviter."

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