La police a reçu l'ordre de faire lever les barrages

06/04/16 à 17:15 - Mise à jour à 18:29

Source: Belga

La police fédérale a reçu l'ordre de faire lever les barrages installés par les chauffeurs de poids lourds qui protestent contre le prélèvement kilométrique, a indiqué mercredi le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), à l'issue d'une réunion au Centre de crise du SPF Intérieur avec les gouverneurs des provinces wallonnes.

La police a reçu l'ordre de faire lever les barrages

© Belga

La police fédérale a reçu l'ordre de faire lever les barrages installés par les chauffeurs de poids lourds qui protestent contre le prélèvement kilométrique, a indiqué mercredi le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), à l'issue d'une réunion au Centre de crise du SPF Intérieur avec les gouverneurs des provinces wallonnes.

La phase fédérale de gestion de crise a été activée, a précisé le ministre. Elle permet de coordonner l'action au niveau fédéral, à la demande des gouverneurs. "Depuis vendredi, nous avons travaillé dans une optique de gestion négociée. On a par exemple demandé de libérer les bandes d'arrêt d'urgence pour les services de secours. Mais aujourd'hui (mercredi), on s'est rendu compte que ce n'était pas suffisant. Nous avons donc demandé au fédéral de nous aider", a expliqué Denis Mathen, le gouverneur de la province de Namur (MR).

Tout en spécifiant qu'il appartient au gouvernement wallon de commenter le mouvement de grogne des camionneurs, Jan Jambon a qualifié les blocages d' "actions sauvages, inacceptables et intolérables au vu des problèmes d'approvisionnement qu'elles causent, notamment pour les services de secours et des collectivités sensibles comme des hôpitaux ou des maisons de soins".

Une réunion avait été prévue le 14 avril entre le secteur du transport et le gouvernement wallon, a rappelé le ministre de l'Intérieur. "D'ici là, le secteur avait convenu de n'entreprendre aucune action."

Concrètement, depuis 16h00, les policiers peuvent donner injonction aux conducteurs qui bloquent les autoroutes de quitter les lieux. L'action sera étendue aux autres routes dans un second temps si nécessaire.

Si les camionneurs n'obtempèrent pas, des PV seront rédigés et ils pourront subir un retrait de permis de 15 jours, a signalé Michaël Jonniaux, porte-parole de la police fédérale. Les agents pourront également faire dépanner les camions aux frais de leurs chauffeurs, voire effectuer une saisie administrative des véhicules "le temps nécessaire pour le retour de l'ordre public".

"C'est dommage de devoir en arriver là", a encore déploré Jan Jambon. "Nous sommes en menace terroriste de niveau 3 et nous avons besoin de toutes nos forces policières", a-t-il souligné.

"Nous continuerons notre combat pour rester juste, pas comme nos ministres"

La levée des barrages par la police, accompagnée d'huissiers, se passe dans le calme, indique Julien Beauvois, l'un des camionneurs qui ont manifesté contre l'entrée en vigueur du prélèvement kilométrique. "Mais il ne faut rien lâcher, nous allons continuer notre combat tant que nous n'avons pas une décision favorable pour rester droit et juste, contrairement à nos ministres."

Julien Beauvois affirme que les camionneurs mécontents cherchent actuellement "un plan B" pour continuer à manifester contre le prélèvement kilométrique. "Nous demandons premièrement un report mais aussi une diminution de 50% de la taxe. Je ne sais pas qui a calculé ça mais il a dû se tromper, il a dû faire 'fois' au lieu de faire 'plus', ce n'est pas possible!", explique le chauffeur, bien qu'il admette qu'il est "normal de payer pour les autoroutes". Le chauffeur ajoute que les manifestants veulent de véritables routes alternatives. Il pointe en particulier les nationales.

"Selon le ministre Prévot (ministre wallon des Travaux publics, ndlr), cela aurait des mauvaises répercussions sur l'économie. On nous dit aussi que ça va embêter les bourgmestres et les habitants. Mais nous, on parle de véritables nationales, pas des petites routes de village qui passent près des écoles. Mais ça, le ministre ne veut pas l'entendre. Il pense qu'il a raison et on ne peut rien dire. Nous, nous sommes des professionnels du métier. Lui ne connaît rien du métier mais c'est lui qui décide", constate, très remonté, Julien Beauvois.

En savoir plus sur:

Nos partenaires