La pénurie d'électricité, "un faux argument" pour maintenir le nucléaire, dénonce le sp.a

16/04/15 à 18:06 - Mise à jour à 18:28

Source: Belga

La menace d'une possible pénurie d'électricité en Belgique n'est au final qu'un argument fallacieux pour préserver les centrales nucléaires en Belgique, a conclu jeudi le sp.a après une série d'auditions à la Chambre. Une opinion que ne partage évidemment pas la ministre fédérale de l'Énergie Marie-Christine Marghem.

La pénurie d'électricité, "un faux argument" pour maintenir le nucléaire, dénonce le sp.a

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La sortie du nucléaire votée en 2003 programmait dès cette année 2015 l'arrêt des réacteurs de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2. Mais sous la précédente législature, le gouvernement Di Rupo avait prolongé Tihange 1 jusqu'en 2025, avec le soutien du sp.a.

Fin 2014, le gouvernement Michel a fait de même avec Doel 1 et 2, le sp.a étant cette fois dans l'opposition. Le principal argument portait sur la sécurité d'approvisionnement énergétique de la Belgique, mise à mal par l'arrêt des réacteurs Doel 3 et Tihange 2 pour cause de fissures, "mais c'est un faux argument", affirme le sp.a.

"En cas de fermeture de Doel 1 et 2, il n'y aurait pénurie que si les deux réacteurs présentant des fissures restaient fermés, qu'aucune énergie renouvelable n'était produite et qu'aucune électricité ne pouvait être importée de l'étranger", a soutenu jeudi l'ancien vice-Premier ministre Johan Vande Lanotte. Une situation tout à fait irréaliste à ses yeux.

Et le sp.a d'accuser le gouvernement de se plier aux demandes d'Electrabel. "Le producteur d'électricité a exigé que la rente nucléaire globale, donc pas celle des seuls Doel 1 et 2, soit réduite et c'est probablement ce qui va se passer". La prolongation coûtera cher selon lui, notamment parce qu'il faudra encore investir 600 millions d'euros dans les réacteurs les plus vieux.

En revanche, ouvrir l'importation en provenance des Pays-Bas ne coûterait que 20 à 30 millions d'euros pour un approvisionnement suffisant, selon M. Vande Lanotte. Quant au risque de dépendance vis-à-vis de l'étranger, "notre plus gros fournisseur d'électricité importée est actuellement l'Allemagne, un pays bien en avance sur la Belgique pour la production d'électricité verte", fait-il observer.

"Johan Vande Lanotte répète toujours la même petite histoire"

La ministre fédérale de l'Énergie Marie-Christine Marghem a pour sa part réfuté l'accusation du député sp.a. "Johan Vande Lanotte répète toujours la même petite histoire. Le problème de la sécurité d'approvisionnement avait déjà été constaté sous le précédent gouvernement, dont M. Vande Lanotte faisait partie", a-t-elle réagi. La ministre MR a dit attendre la prochaine réunion de commission à la Chambre pour aborder le fond du débat.

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