La pension à 67 ans concernera "une minorité de gens"

12/10/14 à 14:20 - Mise à jour à 14:50

Source: Belga

La pension à 67 ans telle qu'envisagée par le gouvernement Michel ne concernera qu'une minorité de personnes, a affirmé dimanche le vice-Premier ministre Open Vld Alexander De Croo, ex-ministre des Pensions.

La pension à 67 ans concernera "une minorité de gens"

Alexander De Croo © Belga

"Les exceptions pour les métiers pénibles ainsi que pour les longues carrières seront préservées", a-t-il assuré sur le plateau du Zevende Dag (VRT) et de L'Invité (RTL-TVI), relativisant de la sorte une mesure-phare du nouveau gouvernement fédéral ayant suscité de fortes controverses ces derniers jours.

Une personne qui a commencé à travailler à 18 ans pourra toujours prendre une pension anticipée à 61 ans, car le critère de la durée de carrière prime toujours sur l'âge légal de la pension, a expliqué le libéral flamand. Mais pour ceux qui ont eu l'opportunité d'étudier plus longtemps, le gouvernement leur demande de travailler plus longtemps, "c'est défendable", a estimé M. De Croo.

Le nouveau ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine (MR), a pour sa part estimé que travailler plus longtemps ne constituait pas une régression sociale, dès le moment où l'on tient compte de la pénibilité des professions et de la nécessité de payer les pensions. Lui qui avait assuré la semaine dernière que le MR refusait une telle mesure l'a défendue sur les plateaux de Mise au point (RTBF) et Controverse (RTL-TVI), en réaffirmant la nécessité d'allonger la carrière, l'âge effectif de départ étant en moyenne de 59,3 ans actuellement. Il y voit un "symbole clair pour que l'ensemble de la population travaille un peu plus longtemps". Mais pour le député Ahmed Laaouej (PS), cette mesure présentée comme symbolique touchera au contraire une part importante de la population: reculer l'âge légal de la pension à 67 ans concerne 650.000 travailleurs qui ont actuellement moins de 50 ans, a-t-il affirmé. Il a rappelé qu'il faudrait d'autres sources de financement car, ajoute Maxime Prévot (cdH), l'enjeu majeur est bien de maintenir le travailleur le plus longtemps au travail.

A cet égard, la suppression du bonus-pension et de plusieurs possibilités d'aménagement de fin de carrière envisagée par le gouvernement Michel constitue "un signal hyper-négatif" à ses yeux. Pour Olivier Maingain (FDF), dont le parti est favorable à un relèvement de l'âge légal de la pension, la manière dont le gouvernement la met en oeuvre est toutefois "malhonnête intellectuellement": les FDF proposaient un relèvement uniquement pour ceux qui entament leur carrière. Ici, "vous changez les règles en cours de partie", a-t-il dénoncé. Interrogé sur les restrictions au crédit-temps, Daniel Bacquelaine a rappelé le système des pensions par points: chacun gère son compte-carrière et, en cas de pause, peut récupérer ses points en travaillant ensuite plus longtemps.

En outre, l'octroi d'un crédit-temps devra être motivé: "il y a une grande différence entre un arrêt destiné aux loisirs et un arrêt pour s'occuper d'un parent malade ou élever ses enfants", a commenté le ministre des Pensions.

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