La N-VA veut guérir la Belgique du socialisme

14/10/15 à 14:05 - Mise à jour à 19:53

Source: Belga

Les nationalistes flamands ont chargé durement les socialistes pendant le débat consacré au discours de politique générale du gouvernement. Selon eux, la politique menée par l'équipe de Charles Michel remet le pays en ordre après 25 ans de participation socialiste.

La N-VA veut guérir la Belgique du socialisme

Hendrik Vuye (N-VA) © BELGA

"Nous faisons le ménage après 25 ans de socialisme. Ce n'est pas d'un malade imaginaire que nous avons hérité de vous mais d'un vrai malade", a lancé le chef de groupe Hendrik Vuye tandis que sa collègue Sarah Smeyers qualifiait le socialisme "de maladie qui dure depuis 200 ans".

Ces attaques ont occupé une bonne partie du débat, socialistes et nationalistes s'interrompant régulièrement. "Ce pays a pu être hissé au top mondial du bien-être et ça, c'est un acquis aussi des socialistes", a répondu la cheffe de groupe PS et ex-vice première ministre, Laurette Onkelinx.

La majorité a mis en avant l'augmentation du salaire poche qui bénéficiera à de nombreux travailleurs dès le mois de janvier grâce au virage fiscal du gouvernement. "Ce n'est pas un cabinet qui se dispute, c'est un cabinet qui agit", a affirmé M. Vuye.

Le plaidoyer ne convainc pas l'opposition. Ce sont des taxes sur la consommation qui financeront le virage fiscal, a-t-elle accusé. "Vous dites jobs, jobs, jobs. Les gens voient tax, tax, tax", a dénoncé Mme Onkelinx.

"Avec vous, les gens modestes ont peur de l'avenir", a-t-elle ajouté.

Les socialistes pointent notamment du doigt le budget des soins de santé refusé au comité de gestion de l'Inami. "Et pour cause, vous programmez 3,3 milliards d'économies. C'est énorme!", a affirmé la cheffe de groupe.

Les données budgétaires ont aussi animé les échanges. Les écologistes ont dénoncé l'indigence du tableau remis aux parlementaires. "Les Grecs feraient la même chose que vous seriez ici à la tribune pour dire que c'est inacceptable", a déclaré Kristof Calvo au ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA). Le président de la Chambre, Siegfried Bracke, a appelé le gouvernement à "réintroduire cette bonne habitude" de fournir les tableaux budgétaires au parlement.

Les calculs sont en voie de finalisation, a répondu le premier ministre, Charles Michel. D'ici jeudi, le gouvernement doit remettre une épure de son budget aux instances européennes.

Le débat reprendra à 13h30.

Denis Ducarme: Ce dont vous rêviez, une majorité de centre-droit l'a fait

Les libéraux ont mis en avant mercredi l'augmentation du salaire net dont bénéficieront les bas et moyens salaires grâce à la réforme fiscale. Si toute la majorité s'est rangée derrière cet élément du virage fiscal, des dissensions sont en revanche apparues entre le CD&V et l'Open Vld sur le rôle de la concertation sociale.

"Les bas revenus, les plus pauvres, ce sera 140 euros en plus par mois. C'est une majorité de centre droit qui prend cette décision. Ce gouvernement fait le travail que vous n'avez pas fait. Nous sommes une majorité sociale. Nous augmentons le pouvoir d'achat", a lancé le chef de groupe MR, Denis Ducarme, aux socialistes.

L'opposition attend de voir la concrétisation des promesses faites. Elle dénonce entre-temps l'augmentation des taxes sur la consommation et s'inquiète du sort des allocataires sociaux qui sont à leur yeux les oubliés de cette politique.

"Les pensionnés, les malades, les demandeurs d'emploi, ils n'auront pas 140 euros par mois. Comment feront-ils? Vous augmentez les difficultés des hommes et femmes qui ont parfois travaillé leur vie entière pour notre prospérité", a souligné la cheffe de groupe PS, Laurette Onkelinx.

"La poche est trouée: vous reprenez une partie de ce que vous donnez et vous en privez une partie du public qui en a besoin: les allocataires sociaux", a renchéri Georges Gilkinet (Ecolo).

Dans son allocution devant la Chambre, le premier ministre Charles Michel a insisté sur l'importance que son gouvernement attachait à la concertation sociale. Les conceptions à ce sujet divergent au sein de la majorité.

L'Open Vld redoute la suppression d'emplois dans le secteur de l'e-commerce et le travail de nuit parce que les partenaires sociaux ne pourraient se mettre d'accord sur des modifications règlementaires.

"Avec la concertation sociale si c'est possible, sans s'il le faut à un certain moment. On ne laissera pas notre pays perdre des milliers d'emplois", a lancé le chef de groupe, Patrick Dewael.

Le CD&V a répliqué aux libéraux flamands. "Il n'y a pas de raison aujourd'hui dire aux partenaires sociaux que si à la fin de l'année, ils n'y arrivent pas, on le fera à leur place", a expliqué le ministre de l'Emploi, Kris Peeters. Patrons et syndicats fournissent un travail sérieux sur le sujet. "M. Dewael ne doit pas se faire de souci, nous ne sommes pas à la fin de l'année".

"Ce sera toujours avec la concertation sociale. Est-ce que ça veut toujours dire qu'il y aura un accord social? Non", a dit pour sa part le chef de groupe, Servais Verherstraeten.

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