La N-VA plaide pour une sortie de la Francophonie

11/10/12 à 10:41 - Mise à jour à 10:41

Source: Le Vif

Le sénateur et président de la Commission des Affaires étrangères de la Haute assemblée, Karl Vanlouwe (N-VA), a plaidé mercredi pour une sortie de la Belgique en tant que telle de l'Organisation de la Francophonie. L'adhésion belge serait reprise par la Communauté française (Fédération Wallonie-Bruxelles) de la Belgique.

La N-VA plaide pour une sortie de la Francophonie

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Le sénateur a dénoncé dans un communiqué la participation belge au Sommet de la Francophonie à Kinshasa, qui est assurée par le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, et le ministre-président de la Communauté française, Rudy Demotte.

Selon lui, la Belgique a manqué de la sorte l'occasion d'envoyer "un signal clair" au président de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, à propos "des élections frauduleuses de l'an passé" ou de la persistance de la guerre dans l'est du pays. "Pour la N-VA, ce sommet à Kinshasa est le moment opportun pour évaluer l'adhésion du royaume de Belgique à la Francophonie", dit le parti nationaliste dans un communiqué.

"La Belgique n'est plus, dans les faits, un pays francophone depuis longtemps. La diplomatie belge ferait peut-être mieux de s'y résoudre pour une fois. Le fait que les valeurs de la Francophonie ne sont d'application que sur papier sont une bonne occasion d'ouvrir un débat sur l'adhésion", a ajouté le sénateur.

A ses yeux, M. Demotte devrait faire le choix d'une adhésion complète de la Communauté française à l'organisation. "De la sorte, la majorité de ce pays ne se sentira plus représentée à cette réunion internationale qui ne sert la démocratie et les droits de l'homme qu'en apparence".

PS : la N-VA est contre ce qui fait la richesse culturelle de la Belgique

Le président du PS Thierry Giet a estimé "logique" la demande de la N-VA de voir la Belgique quitter la Francophonie, les nationalistes flamands étant opposés à "ce qui fait la richesse culturelle d'un pays comme la Belgique".

"La N-VA est dans sa logique. Je rappelle que les statuts de la N-VA commencent par le séparatisme et la fin de la Belgique", a réagi jeudi le président du PS Thierry Giet sur Bel RTL. "Tout ce qui fait la richesse culturelle d'un pays comme la Belgique, avec deux langues et deux cultures, tout cela ne les intéresse pas", a-t-il précisé.

Interrogé sur la situation politique congolaise, M. Giet a ajouté qu'elle suscitait l'intérêt des représentants belges. "Evidemment qu'il faut être attentif au respect des droits de l'Homme, là-bas comme ailleurs", a-t-il dit.

Reynders : il n'est pas question que la Belgique quitte la Francophonie

"Que la N-VA veuille sortir de la Belgique, c'est connu. De là à croire que la Belgique sortira de la Francophonie, il n'en est pas question, au contraire. Si la Flandre devenait autonome, ce qui resterait de la Belgique serait d'autant plus francophone". Tel a été jeudi matin la réaction du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders alors qu'il était sur le point d'embarquer pour Kinshasa où il participera au Sommet de la Francophonie.

Didier Reynders a insisté sur le fait que l'Organisation de la Francophonie réunit de nombreux pays totalement ou partiellement francophones qui partagent les mêmes valeurs notamment en matière de respect des droits de l'Homme "ce que nous allons encore rappeler cette fois-ci".

Plus généralement, la Francophonie vise aussi à défendre la langue française qui "même si cela déplaît à la N-VA, est une langue appréciée à Bruxelles et en Wallonie mais aussi en Flandre et pas seulement par les francophones de Flandre". Il y a de "nombreux flamands qui mettent un point d'honneur à bien connaître le français comme c'est le cas du président du parti de M. Vanlouwe". Et d'insister : "M. De Wever adore s'exprimer en français notamment dans la presse française. C'est étonnant d'être aussi francophile et de ne pas aimer la Francophonie".

M. Reynders a aussi rappelé que tous les premiers ministres belges ont été présents aux Sommets successifs depuis le premier Sommet qui a eu lieu en 1986. "De Wilfried Martens à Yves Leterme en passant par Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt, ils ont tous souhaité participer aux Sommets". "La Belgique est un pays multilingue où le français tient une place importante. Il n'est donc pas question qu'elle quitte l'Organisation de la Francophonie", a conclu Didier Reynders.

Le Vif.be, avec Belga

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