La N-VA demande la démission de Fernand Koekelberg

04/03/11 à 08:16 - Mise à jour à 08:16

Source: Le Vif

La N-VA a demandé jeudi la démission du commissaire général de la police fédérale Fernand Koekelberg.

La N-VA demande la démission de Fernand Koekelberg

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Le député Ben Weyts a interrogé mercredi la ministre de l'Intérieur Annemie Turtelboom sur les deux voyages que M. Koekelberg a fait au Qatar avec certains de ces collaborateurs pour défendre sa candidature à la vice-présidence du Comité exécutif d'Interpol. Il ressortait de la réponse de la ministre que le coût global de ces voyages a été de 100.000 euros. Jeudi, le député a aussi eu connaissance d'une circulaire signée par Fernand Koekelberg dans laquelle il attire l'attention de son personnel sur les difficultés budgétaires et demande dès lors une prudence en matière financière pour les déplacements à l'étranger. Ceux-ci seront limité aux cas vraiment nécessaires et effectués uniquement par les personnes indispensables à la mission, dit le circulaire. Au nom de son parti, M. Weyts a dès lors demandé jeudi la démission de Fernand Koekelberg.

Le principal syndicat policier dénonce une machination politique L'appel à la démission du chef de la police fédérale Fernand Koekelberg est motivé par des raisons politiques, a dénoncé vendredi, sur les ondes de la VRT, Philip Van Hamme, du Syndicat National du personnel de Police et de Sécurité (SNPS). Il juge que l'émoi autour du déplacement de lobbying de M. Koelelberg au Qatar est exagéré.

Philip Van Hamme voit une machination politique derrière l'appel à la démission lancé par la N-VA. "Koekelberg est identifié au PS. C'est une chance unique de jeter le discrédit sur le PS", a-t-il dit.

M. Koekelberg avait la responsabilité de promouvoir la police fédérale à l'étranger, a souligné le syndicaliste. Les autres candidats au poste d'Interpol auraient par ailleurs dépensé beaucoup plus pour assurer leur promotion.

"M. Koekelberg ne l'a pas fait, car cela aurait coûté beaucoup plus. (...) Et s'il avait obtenu le poste, il aurait sans doute reçu des félicitations", a estimé M. Van Hamme.

Leterme : "ce n'est absolument pas normal"

Le Premier ministre démissionnaires Yves Leterme a dénoncé vendredi matin le coût de déplacements de lobbying du chef de la police fédérale. "Ce qui s'est passé n'est absolument pas normal. Cela ne se peut pas", a-t-il déclaré dans l'émission radio De Ochtend (VRT).

M. Leterme n'a pas parlé de démission, comme l'ont fait la N-VA et la LDD. C'est une responsabilité de la ministre de l'Intérieur, Annemie Turtelboom (Open Vld), a-t-il dit en réponse à une question sur le sujet.

Il n'en a pas moins condamné sévèrement les dépenses du commissaire-général. "Il serait préférable que M. Koekelberg respecte les règles et utilise de façon convenable l'argent du contribuable. Les gens paient beaucoup d'impôts. Il faut donc gérer les choses avec une certaine éthique. J'ai le sentiment qu'on peut se poser des questions. Cela ne se peut pas", a-t-il dit.

"Inacceptable pour le policier de la rue" Les frais du voyage de lobbying effectué au Qatar par le commissaire général de la police fédérale sont "évidemment inacceptables pour le policier de la rue", a estimé le syndicat libéral SLFP-Police dans un communiqué.

"91.992 euros, c'est évidemment un montant inacceptable pour les policiers de la rue. (Ceux-ci) se voient continuellement imposer des efforts en matière d'économie jusque dans leur fonctionnement normal au service de la population, d'autres se voient l'objet de lourdes récupérations de l'indu alors que c'est l'administration qui s'est trompée...Comment pourraient-il comprendre, et encore plus admettre un tel montant dépensé à des fins de représentation ? C'est impossible", selon le SLFP.

Le syndicat dénonce aussi la célérité du traitement du cas de M. Koekelberg par le Comité P, qui a conclu à l'absence d'irrégularités. "Il faut interroger les policiers de terrain qui ont eu à vivre une telle expérience, pour savoir comment ils furent traités par le Comité P, qui généralement travaille beaucoup plus lentement lorsqu'il s'agit d'un policier de la rue".

Le SLFP-Police accorde toutefois des circonstances atténuantes à M. Koekelberg, notamment l'accord du pouvoir politique, mais aussi de l'inspecteur des finances "pour ce voyage que l'on juge maintenant si dispendieux".

La CSC apporte son soutien à Fernand Koekelberg La CSC Services publics a elle aussi apporté son soutien vendredi à Fernand Koekelberg, affirmant qu'une polémique ne pouvait oblitérer tout le travail positif réalisé jusqu'ici par le commissaire général de la police fédérale.

"Tout est-il si dramatique que ce qui est présenté" dans l'affaire Koekelberg, s'interroge le secrétaire de la CSC-ACV Services publics, Jan Adam.

Le syndicaliste ne se prononce pas sur le déplacement au Qatar au centre de la plainte anonyme lancée contre M. Koekelberg. Il souligne en revanche que la mission confiée au commissaire général - ses candidatures à Interpol - passait par une présence accrue sur la scène internationale.

Les responsables politiques devraient surtout regarder dans leur propre jardin, ajoute Jan Adam. "Beaucoup étaient au courant de ce voyage et les responsables politiques voyagent aussi souvent de cette manière", fait-il remarquer.

Le syndicat chrétien loue le travail de Fernand Koekelberg à la tête de la police fédérale. "La police est sa passion, il s'y engage 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 depuis la réforme des polices. On ne peut pas dire cela de tout le monde dans la société actuelle. D'une organisation rigide, il tente de faire un instrument flexible avec des collaborateurs motivés. C'est inévitable que des gens s'y opposent", plaide Jan Adam.

Tout comme l'a affirmé le principal syndicat policier (SNPS) avant elle, la CSC voit dans la tentative de déstabilisation de Fernand Koekelberg un règlement de comptes politique.

Le syndicat se dit prêt à monter au créneau pour défendre un homme "inspiré, passionné et talentueux" contre ceux qui veulent l'abattre.

LeVif.be, avec Belga

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