La N-VA a "les meilleures intentions à l'égard" des francophones (vidéo)

21/05/14 à 15:24 - Mise à jour à 15:24

Source: Le Vif

Le président de la N-VA s'est adressé "directement", en français et avec "les meilleures intentions", aux francophones dans une vidéo de moins de trois minutes postée sur Twitter, inaugurant ainsi son compte. Il a demandé "le bénéfice du doute" et de "donner (à la N-VA) une chance de réformer ce pays".

La N-VA a "les meilleures intentions à l'égard" des francophones (vidéo)

© Capture d'écran YouTube

Le président de la N-VA dit avoir ressenti le besoin de s'adresser "directement" aux francophones après son débat avec le président du PS et tandis que le Premier ministre, Elio Di Rupo, refuse tout débat avec lui "alors qu'il ne se prive pas de me critiquer personnellement sans me donner la chance de lui répondre".

La N-VA a "les meilleures intentions à l'égard" des francophones, assure Bart De Wever, reprenant son credo que francophones et flamands vivent "dans deux démocraties différentes, avec leurs partis, leurs médias et leurs institutions". "Je veux faire cadrer la structure du pays à cette réalité", commente-t-il.

Le président de la N-VA attaque aussi le "modèle PS". "Partout où le PS est le plus fort, le niveau de pauvreté et le taux de chômage sont les plus élevés", relève-t-il. "Le modèle PS nuit à votre prospérité."
Bart De wever "demande seulement de donner une chance à la N-VA", de lui laisser "le bénéfice du doute". "Je suis honnête avec vous, je joue cartes sur table", insiste-t-il. "Donnez-nous une chance de réformer ce pays et de mener une politique forte."

"Votre duplicité ne trompe personne, M. De Wever"

"Vulpem pilum mutare, non mores" (Le renard change d'apparence mais pas de moeurs), a répondu le PS dans un communiqué, utilisant une de ces citations latines dont M. De Wever est friand. "Votre duplicité ne trompe personne, M. De Wever", explicite-t-il. L'intervention du président de la N-VA dans une capsule vidéo où il demande la confiance des francophones pour réformer le pays démontre aux yeux du PS que son cynisme "n'a pas de limite".

"Après avoir insulté et stigmatisé les Wallons et les Bruxellois pendant des années, après avoir clairement admis dans le débat avec le président du PS, Paul Magnette, qu'il veut la scission de la sécurité sociale et la fin du pays, Bart De Wever demande maintenant la confiance des francophones", résume le Parti socialiste. S'en prenant à son principal rival francophone, le PS rappelle que Bart De Wever a déclaré que les Wallons l'aideraient en votant MR et que, selon une étude de l'UCL et de l'Université d'Anvers, les propositions socio-économiques du MR sont identiques à 66% avec celles de la N-VA.

Sur son compte Twitter, le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a pour sa part répondu par un dicton flamand: "Een kat in het nauw maakt rare sprongen", qui pourrait se traduire par "Dans l'embarras, le chat s'agite bizarrement". A quatre jours du scrutin, le PS se définit comme "le seul parti capable de défendre les intérêts de tous les francophones, de garantir la stabilité du pays, de la Sécu et de l'index et de soutenir les travailleurs", une position que ses principaux rivaux francophones lui contestent.

"Après des années de chamaillerie, ne pas s'attendre à être accueilli les bras ouverts"

Le président du CD&V Wouter Beke n'est pas étonné par les réactions négatives de la Belgique francophones au clip que lui a adressé le président de la N-VA Bart De Wever. "Si durant des années vous cherchez à fustiger et chercher le conflit, il ne faut pas attendre à être subitement accueilli les bras ouverts", a-t-il réagi en marge d'une conférence de presse.

Le CD&V n'est pas surpris. "Les réactions ont été fort différentes pour accueillir Kris Peeters hier (en tournée en Wallonie)", a observé Wouter Beke. Le ministre-président flamand a confirmé la chose sans toutefois se prononcer mercredi sur le clip de Bart De Wever. "Les actions de M. De Wever sont ses actions", s'est-il contenté de dire.

Le clip de la N-VA appelant les francophones à lui offrir une chance de réformer le pays a permis au CD&V de rappeler son message à l'électeur lors d'une dernière conférence de presse. "La coopération est la seule possibilité d'aller de l'avant. Nous visons des solutions concrètes qui permettent de renforcer les gens", a souligné Kris Peeters. "Nos choix sont les bons: une croissance combinée au progrès social, des charges salariales moins élevées sans bain de sang social", a résumé Wouter Beke.

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