"La marionnette Lutgen parle par la voix du ventriloque Di Rupo"

25/06/14 à 11:06 - Mise à jour à 11:06

Source: Le Vif

Surnommé Monsieur NON à la une des journaux de ce mercredi, le président du cdH Benoît Lutgen est critiqué violemment par la presse flamande pour avoir torpillé la note de l'informateur Bart De Wever. La plupart des journaux flamands dénoncent également ses liens avec le PS.

"La marionnette Lutgen parle par la voix du ventriloque Di Rupo"

© Belga

Bart De Wever a pourtant fort modéré son programme en ne mentionnant ni la limitation dans le temps des allocations de chômage, ni la suppression de l'index, ni ses exigences communautaires dans sa note. Cependant, alors que le MR et le CD&V s'étaient déclaré prêts à travailler avec la N-VA, le président du cdH Benoît Lutgen a sabordé la coalition de centre droit que De Wever espérait former en refusant la note proposée par le nationaliste flamand.

Het Laatste Nieuws: "La marionnette Lutgen parle par la voix du ventriloque Di Rupo"

Dans le quotidien Het Laatste Nieuws, le journaliste Jan Seghers est particulièrement virulent à l'égard du cdH. "Un petit parti de rien de tout qui rétrécit à chaque lavage. Même si ce nain grimpe sur les épaules du PS, il n'est pas aussi grand que la N-VA. Pourtant le cdH se permet le luxe de priver la Flandre du gouvernement du centre droit qu'elle a demandé". Seghers reconnaît clairement la voix du ventriloque Di Rupo dans "le non de la marionnette Lutgen".


De Standaard: "Après le bombardement du PS, un 'oui' de Lutgen aurait été une surprise politique"

Le journal De Standaard explique également le refus de Lutgen par l'influence du PS. Si d'après Bart Sturtewagen, un 'oui' du cdH aurait été une surprise politique, "personne ne s'était attendu à ce que son 'non' soit aussi radical". Pour lui, "le cdH s'est scotché aux socialistes francophones pour une génération".

Selon lui, De Wever a pris un grand risque vis-à-vis de ses militants en présentant cette note. S'il l'a fait c'est pour "mener une politique de centre droit et obliger le PS à redevenir le parti régionaliste qu'il a été" afin de servir de levier pour défaire le modèle belge.

De Morgen: "Cette carotte de papier aurait même su convaincre le PS"

Dans le quotidien De Morgen, Bart Eeckhout se demande pourquoi il a fallu autant de temps pour "retourner à ce point zéro". Selon lui, le non n'a pas beaucoup de rapport avec la note qu'il qualifie d'"exercice stratégique de plus de vingt pages vide de sens". D'après le journaliste, "à quelques points près, même le PS aurait pu être convaincu".

Pour lui, le manque de confiance réside au coeur du problème. Si la N-VA a jeté trop peu de ponts avant les élections, le cdH n'est pas hors de cause. Il n'aurait en effet jamais fait comprendre à quel point il peut manoeuvrer indépendamment du PS.

Gazet Van Antwerpen: "Peut-être faut-il que Di Rupo perde la face"

Lex Moolenaar, journaliste au Gazet van Antwerpen, le cdH craint trop le PS d'Elio Di Rupo pour sauter le pas. Il s'attend à ce que le roi Philippe décide de marquer une pause. "Peut-être qu'il faut que Di Rupo perde la face. Sur base de sa note d'informateur, il n'y a rien à reprocher à De Wever".

De Tijd: "Le cdH joue un jeu dangereux pour la démocratie belge" Pour le journal De Tijd, le cdH "joue un jeu dangereux" car De Wever "ne demande presque rien" pour faire entrer la N-VA au gouvernement fédéral. "Ici, personne ne peut reprocher à la N-VA d'être un parti radical ou déraisonnable. Le parti ravale tout ce qui a trait à l'article 1 de ses statuts". D'après lui, sur base de cette note, la N-VA n'aurait qu'un seul avantage dans un gouvernement : "le scalp du PS".

Que le cdH oppose son veto à une politique soutenue par près de trois électeurs sur quatre en Flandre "risque de créer une amertume démocratique mal vue et dangereuse à propos de la Belgique en Flandre" écrit le journaliste Bart Haeck.

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