La manifestation propalestinienne à Bruxelles a réuni plus de 5.000 personnes

19/07/14 à 16:45 - Mise à jour à 16:45

Source: Le Vif

La manifestation de citoyens venus dénoncer samedi après-midi à Bruxelles les bombardements intensifs et l'offensive terrestre menés par Israël dans la bande de Gaza a finalement attiré plus de 5.000 personnes. La police parle de près de 5.200 participants, les organisateurs évoquent eux le double. La manifestation s'est dans l'ensemble déroulée dans le calme et la dignité, mais en fin de parcours une petite minorité de jeunes ont provoqué quelques incidents.

La manifestation propalestinienne à Bruxelles a réuni plus de 5.000 personnes

© Image Globe

La manifestation, qui était prévue à 14H, s'est élancée une demi-heure plus tôt car la foule était déjà présente en nombre. On dénombrait vers 14H près de 500 manifestants, un chiffre qui avait déjà grimpé à près de 3.000 une heure plus tard pour dépasser finalement les 5.000 participants.

Partis de l'Avenue de Stalingrad, les manifestants sont passés par la Place Rouppe, la Rue des Alexiens, le Boulevard de l'Empereur pour arriver Place de l'Albertine.

"Il n'y a rien d'indécent à s'opposer à l'oppression, à l'élimination systématique d'une population, à l'implication des enfants dans des faits criminels, à la violence aveugle", a indiqué un des manifestants. "Israël se rend quotidiennement coupable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza, un territoire qui ne fait pas la moitié de la superficie de la Belgique. Tout le monde le voit, mais personne ne fait rien pour l'arrêter. L'opposition à ces méfaits ne doit pas seulement se mener à Gaza mais aussi ici, dans nos villes et quartiers."

Les manifestants n'ont pas seulement critiqué Israël, ils ont également pointé du doigt les autorités européennes. "La majorité des gouvernements européens ne se contentent pas de regarder ce qui se passe à Gaza mais l'approuvent", ajoute un autre orateur. "Manifester contre la violence à Gaza c'est aussi s'opposer aux puissances qui soutiennent cette violence. Nous ne soutenons pas de criminels ou de terroristes, nous soutenons uniquement les personnes qui souhaitent mettre fin à la violence et l'oppression".

La manifestation s'est déroulée dans l'ensemble calmement et sans incidents mais, à la fin de la marche, alors que la foule se trouvait près de la Gare centrale, un groupe d'une centaine de jeunes a commencé à faire du grabuge. Ils ont tout d'abord brûlé un drapeau israélien et américain, crié des slogans "Mort aux Juifs" et sont ensuite montés sur des véhicules et ont brisé des vitres de voitures, des abris de bus et fenêtres de magasins, s'en prenant même à quelques personnes. Plusieurs personnes ont été légèrement blessées par des bris de verre et d'autres, dont une femme enceinte, ont dû recevoir une assistance médicale car elles étaient en état de choc.

Aucun des fauteurs de troubles n'a été appréhendé et, une petite heure plus tard, le calme était revenu.

Les incidents à Bruxelles sont la responsabilité du bourgmestre Mayeur

Les incidents survenus en marge de la manifestation contre l'offensive israélienne à Gaza, qui se tenait dans le centre de Bruxelles samedi, sont entièrement la responsabilité du bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur, a indiqué Joël Rubinfeld, le président de la Ligue Belge contre l'Antisémitisme (LBCA). Selon la Ligue, lors de ces incidents, il n'y a pas seulement eu des slogans appelant à tuer des Juifs, mais un couple a également été agressé, couple dont les agresseurs pensaient, à tort, qu'ils étaient Juifs. "Nous avons averti le bourgmestre à plusieurs reprises" que de tels incidents pouvaient se produire, insiste Joël Rubinfeld.

"Nous avons eu à quatre reprises des contacts avec le bourgmestre Yvan Mayeur", indique le président de la LBCA. "Deux fois par téléphone, deux fois par email. A chaque fois, nous l'avons prévenu qu'il y avait un risque qu'une telle manifestation tourne mal et soit le prétexte à des incidents dirigés contre les Juifs. Le bourgmestre n'a jamais voulu prendre une position claire, tout comme il n'a pas voulu choisir d'autoriser ou d'interdire cette manifestation. Ce qui s'est produit cet après-midi est donc aussi entièrement de sa responsabilité."

Selon Joël Rubinfeld, la manifestation aurait dû être interdite. "A Paris et dans d'autres villes, cela a été le cas", indique-t-on. "Pour cette manifestation il n'y avait pas eu d'autorisation. La Ville de Bruxelles aurait dû faire respecter l'Etat de droit et l'interdire. Elle n'a pas voulu le faire et la conséquence est qu'il y a eu des dégradations, des slogans racistes ont été scandés, il y a eu des appels à tuer des Juifs et des personnes ont été agressées physiquement. Quelques semaines après l'attaque du Musée Juif, c'est plus qu'inquiétant."
La LBCA étudie actuellement quelles mesures elle pourrait prendre, ajoute son président.

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