La manifestation de militaires à Bruxelles, émaillée d'incidents avec la police

15/11/16 à 18:06 - Mise à jour à 18:06

Source: Afp

Entre 8.000 et 10.000 personnes, principalement des militaires et leurs proches, ont manifesté mardi à Bruxelles pour dénoncer la décision du gouvernement de repousser l'âge de départ en retraite des soldats, un défilé émaillé d'incidents avec la police, selon des journalistes de l'AFP.

La manifestation de militaires à Bruxelles, émaillée d'incidents avec la police

© Belga

Les manifestants étaient plus de 8.000 selon la police, près de 10.000 selon les syndicats, a rapporté l'agence Belga. Il y a 30.000 militaires en Belgique.

"La communauté militaire en Belgique refuse totalement la décision de principe déposée par le Premier ministre (Charles Michel) devant le Parlement le 15 octobre", a expliqué à l'AFP Philippe Sion, secrétaire général adjoint d'une des organisations, la Centrale générale du personnel militaire (CGPM).

La décision porte sur un report progressif de l'âge de départ en retraite de 56 ans actuellement à 63 ans en 2030, une mesure présentée par le gouvernement de centre-droit comme "utile et nécessaire", offrant "une réponse aux défis sociétaux".

"Tout a été fait à l'envers, il aurait fallu d'abord demander aux syndicats de se pencher sur un relèvement de l'âge de la retraite, qui est dans l'ordre des choses, et lancer une concertation", a dénoncé M. Sion.

Les militaires étant privés du droit de grève et autorisés à manifester uniquement pendant leurs congés, le défilé était organisé ce 15 novembre, jour de la Fête du Roi.

Lorsque le cortège est arrivé à hauteur de la rue hébergeant le ministère de la Défense, protégée par un cordon de police, une partie des manifestants a marqué l'arrêt.

Certains, le visage masqué, ont alors lancé des projectiles vers les forces de l'ordre, qui ont dû faire usage de gaz lacrymogène et d'un canon à eau pour les disperser, a constaté l'AFP.

Parmi les projectiles figuraient des citrons, le symbole de la manifestation, car "le citron pressé c'est l'image du militaire, on l'écrase pour en retirer la moindre goutte", a expliqué Philippe Sion.

Les militaires s'estiment mis à rude épreuve depuis un an.

Outre les patrouilles supplémentaires consécutives au relèvement du niveau de la menace terroriste après les attentats de novembre 2015 à Paris (préparés depuis la Belgique), ils avaient dû suppléer les gardiens de prison pendant un mouvement de grève de plusieurs semaines au printemps. C'était une première.

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