La "machine" De Wever

16/01/13 à 10:58 - Mise à jour à 10:58

Source: Le Vif

Les Wallons préfèrent-ils l'original aux produits dérivés ? Ou l'"effet De Wever" serait-il déjà retombé ? S'ils étaient plus de 400 à écouter le leader de la NVA au Cercle de Wallonie en 2010, seuls 25 membres avaient bravé le froid et la neige mardi soir pour écouter à Seraing Kristof Windels parler de son livre (qu'il avait oublié d'amener), "De Ware De Wever" (le vrai De Wever), en présence de Jan Peumans, président du parlement flamand.

La "machine" De Wever

© Image Globe

Pendant les neuf mois qui ont précédé les communales du 14 octobre 2012, ce journaliste du Morgen, aujourd'hui à la VRT Radio, a suivi le leader de la NVA du matin au soir, en voiture comme en train, dans les salles paroissiales comme dans les réunions à huis clos. "Je n'ai pas beaucoup dormi car il ne dort pas beaucoup non plus, a-t-il raconté dans un français approximatif lors du dîner organisé à l'Esplanade du Val. Il fait de la politique en permanence. Quand il est en réunion, il répond simultanément à quantité de personnes, par téléphone ou sms. Il pense stratégie tout le temps. Une véritable machine !". Jan Peumans ajoute : "Mais qui sait ce qu'il y a dans le ventre des Flamands. C'est un homme populaire, pas populiste""

Un homme qui doute

Le journaliste a découvert un homme de pouvoir, intrigant, charismatique, "anormalement contrôlé", mais aussi un homme qui doute : "Quand il a fallu expliquer à Pol Van Den Driessche [ndlr : surnommé aussi "le DSK flamand] qu'il n'était plus le bienvenu sur les listes de la NVA à Bruges, Bart est passé par Gand pour prendre [le député] Siegfried Bracke au passage", car il ne voulait pas le lui dire lui-même. Le moment le plus tendu fut le jour des élections : "Son visage était plus blanc que blanc quand tout l'état-major de la N-VA est venu le rejoindre sur le coup de 15 heures au Ramada d'Anvers. Je ne l'avais jamais vu aussi stressé. Il était pourtant certain du résultat. Cette tension extrême explique ses réactions le soir du scrutin", notamment son fameux "Zet die ploat af" (arrête ce disque) asséné au DJ qui l'empêchait de prononcer son discours de victoire.

Si la bataille d'Anvers concerne l'essentiel du livre, Windels ne tourne pas autour du pot : "La Flandre séparée (sic), c'est son but, mais comment y arriver ? Il a bien étudié le nationalisme, et notamment l'historien tchèque Miroslav Hroch, et il s'est dit qu'on n'y arrive pas avec des chants et des drapeaux mais bien en parlant de ce qui concerne la population en premier lieu, à savoir l'économie". Jan Peumans l'interrompra pour récuser le "manque de solidarité" de la Flandre : "Nous voulons aider la Wallonie, mais pas en lui donnant simplement de l'argent.", explique-t-il, se présentant lui-même comme le "défenseur de la Wallonie" au sein de la NVA. "Ce qui est bon pour la Flandre doit être bon pour la Wallonie aussi", ajoute-t-il.

Pourquoi Bart, plutôt méfiant, a-t-il ouvert ses portes à un journaliste ? "Il m'a répondu qu'il était historien, et qu'il voulait que l'histoire soit écrite sur papier", raconte Windels. La relation s'est nouée rapidement. L'homme a-t-il déteint sur son scribe ? Le journaliste ne dira pas une seule méchanceté sur son modèle. "Syndrome de Stockholm", diagnostiquera un participant au dîner... On n'est pas pour rien l'homme le plus populaire de Flandre.

Nos partenaires