Vincent Genot
Vincent Genot
Rédacteur en chef adjoint des rédactions web de Roularta
Opinion

13/10/15 à 15:47 - Mise à jour à 16:35

La liberté de la presse n'a pas besoin d'Anonymous Belgium

Parce que le groupe Anonymous Belgium n'accepte pas "que la presse soit intimidée par un simple porte-parole du gouvernement", le groupe de "hackers" a brièvement attaqué les sites des parlements wallon et bruxellois et celui du SPF Intérieur.

La liberté de la presse n'a pas besoin d'Anonymous Belgium

© Capture d'écran Youtube

"Peuple de Belgique, nous sommes Anonymous. Opération guérilla en date de ce mardi 13 octobre", annonce un homme masqué se présentant comme membre du groupe de hackers Anonymous Belgium, dans une vidéo postée sur le site YouTube. "Nous nous en sommes pris au site du SPF Intérieur", ajoute l'homme en question qui affirme agir par "légitime défense envers les revenus précaires qui se font attaquer à coup de taxes de la part du gouvernement" "De plus", ajoute Anonymous Belgium, "nous ne pouvons pas accepter que la presse soit intimidée par un simple porte-parole du gouvernement (...) M. Cauderlier, si cela venait à se reproduire, nous nous en prendrons directement à vous sur le web", menace le groupe de hackers. Le SPF Intérieur a confirmé dans un communiqué que son site internet était indisponible mardi matin. "Nous avons constaté ce mardi 13 octobre 2015, entre 9h20 et 11h10, que le site web du SPF Intérieur a été momentanément indisponible.

Anonymous Belgium manque décidément de têtes pensantes

Complètement immatures, sans réelles revendications, les nouvelles attaques d'Anonymous Belgium prouvent que le collectif, si c'est bien lui qui se cache derrière ces nouvelles attaques, manque décidément de têtes pensantes. En quoi le blocage de ces différents sites sert-il les causes défendues par les "pirates"? On a beau chercher, on ne trouve pas de réponse à cette simple question.

Quant à la prétendue défense de la liberté de la presse, il est étonnant que les membres d'Anonymous Belgium ne se rendent pas compte qu'ils agissent eux-mêmes en censeurs en n'autorisant pas une parole différente de la leur. Plus grave, ils en arrivent à menacer directement une personne, en l'occurrence M. Cauderlier, le porte-parole de Charles Michel. Or, sans vraiment être en accord avec la forme utilisée par celui-ci et ses menaces, on constate que dans l'affaire "7 à la Une RTBF - Cabinet Michel", M. Cauderlier n'a fait que son boulot. En l'occurrence, rappeler les règles et le protocole qui entourent les visites de certains chefs d'État. Ne pas pouvoir poser de question après l'allocution d'un chef d'État est chose courante, et personne n'oblige les journalistes à assister à ce genre d'événements qu'ils peuvent même - suprême pouvoir- ignorer et ne pas répercuter dans leur média.

Si les membres du collectif Anonymous Belgium souhaitent vraiment aider la presse à rester libre, qu'ils se penchent sur les difficultés rencontrées par celle-ci au lieu de réagir émotionnellement à une escarmouche relativement commune pour un reporter. En Belgique, la liberté de parole est encore assurée pour les journalistes. Ce qui l'est moins, c'est son indépendance économique. Et ce problème-là, on ne se résout pas en lançant des attaques sur quelques sites au nom d'une morale commune qu'on est finalement les seuls à porter.

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