La KU Leuven vire un psychiatre de renommée internationale pour abus sexuel

10/10/12 à 10:01 - Mise à jour à 10:01

Source: Le Vif

Walter Vandereycken, un professeur de la KU Leuven, également psychiatre et sexologue de renommée internationale, a reconnu mardi soir, lors d'un entretien avec des journalistes de l'émission, avoir eu durant 20 ans des relations sexuelles non autorisées avec certaines de ses patientes.

La KU Leuven vire un psychiatre de renommée internationale pour abus sexuel

Walter Vandereycken est actuellement professeur à temps partiel au sein de la Faculté de Psychologie et des Sciences de l'Education de l'Université de Louvain. Le recteur de la KU Leuven (Université de Louvain), Mark Waer, a décidé de suspendre préventivement le professeur et psychiatre Walter Vandereycken après avoir pris connaissance des images diffusées par la VRT. Walter Vandereycken y a reconnu avoir eu durant 20 ans des relations sexuelles non autorisées avec certaines de ses patientes. "Les faits sont horribles et je me demande comment cela n'a pas été connu plus tôt et comment une personne avec une telle réputation internationale a pu faire cela. J'ai aussi un sentiment de déjà vu", explique Mark Waer, faisant référence à l'affaire de Roger Vangheluwe. "Encore une fois, il est ici question d'un personnage public qui (...) abuse de sa position dominante", ajoute-t-il. Une procédure disciplinaire sera entreprise afin de prendre une décision définitive.

"Une onde de choc de ce type était nécessaire dans ce milieu"

Tout comme dans l'Eglise, un dossier tel que celui du professeur Walter Vandereycken était nécessaire, a affirmé mardi soir le pédopsychiatre Peter Adriaenssens (KU Leuven) dans l'émission "Terzake". Après ses révélations, Geert Dom, président de l'Association flamande des psychiatres, a plaidé pour l'introduction d'une obligation légale imposant aux médecins de communiquer les informations dont ils disposent sur des abus présumés commis par des collègues, comme cela se fait aux Pays-Bas. Il a aussi appelé à une plus grande transparence de la procédure au sein de l'Ordre des médecins, qui doit pouvoir informer les patients sur le suivi de leur plainte et les sanctions.

"En ce qui concerne l'abus sexuel, la transparence doit être appliquée dès le début de l'affaire. La victime doit savoir les sanctions possibles encourues par le médecin. Sinon, il peut y avoir de l'amertume par la suite", renchérit Peter Adriaenssens. Selon lui, le nombre restreint de plaintes déposées par les patients est lié à la relation entre ces derniers et le médecin "auréolé de pouvoir". Et de rappeler que plus de la moitié des médecins qui se rendent coupables d'abus sexuels, comme dans le cas de Walter Vandereycken, font plusieurs victimes.

Ouverture d'une information judiciaire

Le parquet de Louvain a décidé d'ouvrir une enquête pour abus sexuel éventuel de la part de Walter Vandereycken, psychiatre et professeur de la KUL, a annoncé mercredi le parquet de Louvain. Il s'agit d'une information judiciaire et non d'une enquête judiciaire, précise encore le parquet. "Cette information a été ouverte uniquement sur base des informations relayées dans les médias. Nous n'avons jusqu'à présent reçu aucune plainte contre cet homme, même dans le passé."
Par ailleurs, à la suite de ces révélations d'abus sexuels, la clinique psychiatrique de Tirlemont Broeders Alexianen a pris la décision de licencier Walter Vandereycken. Le professeur y était à la tête du département thérapeutique pour adolescents et jeunes adultes.

La ministre Onkelinx porte plainte

La ministre de la Santé Laurette Onkelinx a porté plainte auprès du parquet et de la commission médicale provinciale contre le professeur. Entretenir des relations sexuelles avec des patients constitue une infraction aux règles de déontologie, rappelle Mme Onkelinx (PS) dans un communiqué. Dans le cas du Pr Vandereycken, "il est en outre question d'abus dans le cadre d'une relation d'autorité entre un prestataire de soins et le patient", ajoute-t-elle. Outre les plaintes au pénal et devant la commission médicale provinciale, la ministre a demandé à l'Ordre des médecins de poursuivre le psychiatre pour fautes déontologiques.

LeVif.be avec Belga

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