La justice espagnole refuse de suspendre préventivement l'activité de Blablacar

01/02/16 à 15:20 - Mise à jour à 15:20

Source: Belga

(Belga) Un tribunal de commerce de Madrid a refusé lundi la suspension préventive de l'activité de la start-up française de co-voiturage Blablacar en Espagne que demandaient les compagnies d'autocar qui l'accusent de concurrence déloyale.

La justice espagnole refuse de suspendre préventivement l'activité de Blablacar

La justice espagnole refuse de suspendre préventivement l'activité de Blablacar © BELGA

Le juge saisi de l'affaire a estimé qu'il n'y avait pas lieu de prendre les mesures préventives demandées par la Confédération espagnole de transport par autobus (Confebus) parce qu'elles reviendraient à anticiper "les résultats de la décision sur le fond", le plaignant demandant de mettre fin à une situation de concurrence déloyale qu'il doit encore démontrer. Le juge ajoute ne pas pouvoir accorder des mesures provisoires "pour modifier une situation que le plaignant tolère depuis longtemps", puisque Blablacar s'est implanté en Espagne en 2009, selon un communiqué du tribunal. Cette action en justice intentée l'an dernier est une première pour Blablacar. La start-up créée en 2006, qui s'est lancée fin novembre dernier au Brésil, compte quelque 20 millions d'usagers dans 20 pays, dont 2,5 millions en Espagne. Le champion français du co-voiturage, qui perçoit des commissions sur les voyages arrangés, nie être un moyen de transport. Il se définit comme un "réseau social qui met en lien des particuliers voyageant vers une même destination, en ne partageant que les frais de voyage, et sans but lucratif de la part de ses utilisateurs". Son avocat assure que la société française ne fait que réaliser une "prestation de services électroniques de traitement de données et de transmission d'information", sans "prestation de services 'offline', ni flotte de véhicules". Le même tribunal de commerce avait prononcé en 2014 la suspension préventive du service de réservation de véhicules avec chauffeur de l'américain Uber, à la demande des taxis espagnols. Mais entre Blablacar et Uber, "les procédures sont différentes", avait expliqué à l'AFP un porte-parole du tribunal. "Le juge a prononcé la suspension sans prendre en compte la position d'Uber car la société n'avait pas de résidence fiscale en Espagne", alors que Blablacar en possède une. Fin septembre, Blablacar a annoncé avoir levé 200 millions de dollars (177 millions d'euros), rejoignant ainsi le club très fermé des start-up non cotées en bourse évaluées à plus d'un milliard de dollars. (Belga)

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