La Hongrie épinglée pour le traitement des demandeurs d'asile

27/04/18 à 16:26 - Mise à jour à 16:28

Source: Belga

(Belga) "La capacité de détection des victimes potentielles de la traite des migrants et des demandeurs d'asile en Hongrie s'est détériorée", selon un rapport du Groupe d'experts du Conseil (Greta) du Conseil de l'Europe publié vendredi.

Le rapport est issu d'une visite dans les deux camps mis en place par les autorités hongroises à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa (sud), où les demandeurs d'asile attendent une décision concernant leur dossier, avec interdiction de pénétrer dans le reste du territoire hongrois. La Commission européenne, le Haut-commissaire de l'ONU et de nombreuses associations ont critiqué cette mesure entrée en vigueur en 2017 et qu'ils assimilent à la détention. Budapest conteste ce terme soulignant qu'il est possible aux migrants de quitter les lieux s'ils retournent en Serbie, pays par lequel ils sont entrés. "Sous la surveillance des gardes armés, les demandeurs d'asile dans les zones de transit sont privés de liberté, détenus dans des locaux exigus, entourés de barbelés", qui ne peuvent être considérés comme un hébergement "approprié et sûr pour les victimes de la traite", selon le Greta. La plupart des employés travaillant dans les zones de transit sont par ailleurs incapables d'"expliquer les procédures à suivre, ou de renseigner sur les autorités compétentes" pour prendre en charge ce public vulnérable, notamment les mineurs, pointent les experts. En outre, le rapport a listé 79 cas "d'expulsions collectives de migrants irréguliers" vers la Serbie, en moins de deux semaines, en décembre 2017. Dans sa réponse au Greta, Budapest a jugé "sans fondement" cette référence à la pratique d'expulsions collectives. La Hongrie, où le Premier ministre souverainiste Viktor Orban vient d'être réélu pour un troisième mandat d'affilée, s'est illustrée depuis 2015 par son discours vindicatif contre l'accueil de migrants extra-européens et une série de mesures durcissant la politique migratoire du pays. En 2017, le pays a reçu 3.397 demandes d'asile et accordé le statut de protection subsidiaire, ou celui de réfugié, à 1.216 personnes. (Belga)

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