La gestion de la crise migratoire a atteint "ses limites"

11/07/17 à 21:19 - Mise à jour à 21:19

Source: Belga

La gestion de la crise migratoire en mer Méditerranée a atteint ses limites, juge mardi le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

La gestion de la crise migratoire a atteint "ses limites"

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"Je plaide pour la poursuite des opérations de sauvetage en mer, mais est-il nécessaire pour autant que toutes les personnes sauvées soient amenées en Italie? ", interroge le chef de la diplomatie belge.

M. Reynders s'est entretenu mardi en marge d'une réunion de l'OCDE près de Vienne avec son homologue autrichien, Sebastian Kurz. Le trentenaire tentera en octobre prochain de devenir chancelier de son pays. Et la question migratoire figure en bonne place de la campagne électorale autrichienne.

M. Kurz plaide dans ce cadre pour la fermeture de la route maritime méditerranéenne et la création de camps d'accueil pour migrants dans le nord de l'Afrique.

"En Autriche, mais aussi en Italie, il y a le sentiment que les limites ont été atteintes", note M. Reynders. "Les opérations de secours en mer ont eu deux conséquences. Il y a de plus en plus de morts en mer car de plus en plus de personnes tentent la traversée sur des embarcations dangereuses. Et de plus en plus de personnes arrivent en Italie où elles n'ont aucune chance d'obtenir l'asile et seront donc renvoyées".

Face à cela, de plus en plus de partenaires européens plaident pour un changement de direction, souligne le ministre. "Que l'on se comprenne bien. Je plaide pour la poursuite des opérations de sauvetage en mer, mais que devons-nous faire avec ces personnes amenées à bord de navires d'ONG ou de l'armée? Faut-il les amener en Italie? Ou n'est-il pas possible de créer ailleurs des 'hotspots'?", interroge le ministre belge.

Les pays nord-africains comme la Tunisie ou l'Egypte n'en veulent pas toutefois. "N'y a-t-il pas d'autres places en Europe? ", interroge alors M. Reynders. "Il y a beaucoup d'idées nouvelles qui circulent, sans que personne n'avance une solution réelle. Mais cela n'a aucun sens de dire que l'on continue comme cela, avec plus de morts en mer pour conséquence...".

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