La fréquentation des Restos du Coeur augmente de 20% par an

16/12/13 à 16:41 - Mise à jour à 16:41

Source: Le Vif

Depuis 2 ans, le nombre de repas servis par les Restos du Coeur belges augmente de 20% par an, et même de 30% dans certaines villes comme Liège ou Mons. Certaines antennes locales sont pourtant confrontées à des diminutions de subsides.

La fréquentation des Restos du Coeur augmente de 20% par an

© Thinkstock

Dans la cour des Restos du Coeur, à Liège, des caisses remplies de vivres sont déchargées de 3 camionnettes. Une "récolte" amenée comme chaque année par les supporters du Standard. "Ce genre d'initiative est importante car il devient de plus en plus difficile de répondre à la demande", souligne Marie-Hélène Meurice, présidente de l'association.

Les Restos du Coeur liégeois sont confrontés à une hausse importante de fréquentation. Depuis 2 ans, le nombre de repas servis augmente de 30% par an. "En 2000, nous servions 10.000 repas par an, en 2012 nous avons dépassé les 40.000", précise-t-elle.
Une situation constatée dans les 15 autres antennes des Restos du Coeur de Belgique. "À Mons aussi, il y a une hausse de 30% par an, mais globalement on parle plutôt d'une progression de 20%", note Patrick Dejace, directeur de la Fédération. En 2012, 584.000 repas au total ont été distribués, contre 475.000 en 2011. Ce nombre ne devrait pas diminuer en 2013.

"On remarque une hausse de la pauvreté. Des gens qui se débrouillaient encore il y a quelques années ne parviennent plus à s'en sortir. Il y a aussi de plus en plus de travailleurs", constate Patrick Dejace. "Parce que leurs salaires sont faibles, leurs loyers très chers, à cause de problèmes d'endettement, etc."

Cette demande accrue ne s'accompagne pas d'une hausse de moyens. Ainsi, à Liège, les subsides octroyés par le relais social de la Ville et le CPAS vont diminuer en 2014. "Le financement public représente 35% de notre budget et on nous a annoncé une baisse de 5 à 10%", affirme Marie-Hélène Meurice.

Au niveau de la fédération, on constate également que les entreprises tentent de réduire le gaspillage en interne et ont donc moins de denrées à distribuer. "Les biens donnés par les entreprises représentent 10% du volume total, mais aujourd'hui il faut 2 fois plus de fournisseurs pour atteindre le même nombre de marchandises", détaille Patrick Dejace.

La générosité citoyenne, par contre, reste importante. Les dons privés augmentent de 5 à 10% depuis 2 ou 3 ans, selon le directeur. Mais la majorité d'entre eux sont effectués en hiver, alors que les associations en ont besoin tout au long de l'année.

Nos partenaires