La frégate "Louise Marie" contrainte d'encore relâcher des pirates "faute de preuves"

31/12/12 à 15:41 - Mise à jour à 15:41

Source: Le Vif

La frégate "Louise Marie" de la Marine belge, qui participe à l'opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie somalienne, a relâché lundi matin les trois pirates présumés qu'elle avait interceptés jeudi dernier "faute de preuves suffisantes" pour les poursuivre en justice, a annoncé le QG de la force européenne.

La frégate "Louise Marie" contrainte d'encore relâcher des pirates "faute de preuves"

© Image Globe

"Plus tôt dans la journée, après avoir examiné les preuves disponibles (contre ces trois hommes), la décision a été prise de les ramener à terre sur une plage somalienne", a indiqué lundi le QG de l'opération Atalanta, installé à Northwood (au nord de Londres), dans un communiqué, sans préciser l'endroit où les trois pirates présumés avaient été reconduits.

Ces hommes avaient été interceptés jeudi dernier vers 11h30 locales (08h30 HB) au large de la Somalie à bord d'un skiff (une petite embarcation dotée de puissants moteurs). L'embarcation arraisonnée "contenait des fûts remplis d'essence, mais aucune arme", avait indiqué le ministère belge de la Défense.

C'était la seconde fois en douze jours que le "Louise Marie" interceptait des pirates présumés, après avoir arrêté cinq personnes le 16 décembre. Mais à chaque fois avec la même issue: leur remise en liberté "faute de preuves suffisantes pour garantir des poursuites" dans un pays voisin ou en Belgique.

Une enquête a en effet été menée pour déterminer si les pirates présumés ont participé ou non à des actions de piraterie antérieures. Selon le commandant en second de l'opération Atalanta, le vice-amiral Gualtiero Mattesi, cité dans le communiqué, l'Union européenne cherche toujours, si possible, à donner une "fin légale" aux arrestations de pirates présumés. "Cependant, cette fois, alors qu'il y avait des bases raisonnables de suspecter (des actes) de piraterie, nous avons considéré qu'il y avait des preuves insuffisantes pour garantir des poursuites" dans un des pays avec lesquels l'UE a passé des accords en ce sens.

De telles situations sont fréquentes, en dépit du fait que l'UE ait conclu des accords avec les Seychelles et l'île Maurice - ainsi qu'avec le Kenya, mais seulement "au cas par cas". Des négociations sont aussi en cours avec la Tanzanie.

Selon le conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU "pour les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes somaliennes", l'ancien ministre français Jack Lang, neuf pirates somaliens interpellés sur dix sont remis en liberté faute de structures judiciaires et pénitentiaires adaptées à l'ampleur du phénomène.

L'an dernier déjà, lors de sa deuxième mission dans l'océan Indien, le "Louise Marie" avait intercepté sept pirates présumés dans les eaux territoriales kenyanes. Mais six avaient été relâchés après 19 jours de détention à bord. Le septième, Abdiwahad Mohammed Omar, - alias pirate "001" -, soupçonné d'être impliqué dans la capture du navire belge "Pompei" au large de la Somalie, entre avril et juin 2009, avait été transféré en Belgique. Il a été condamné le 15 février dernier à dix ans de prison par défaut par la cour d'appel de Bruxelles.

La frégate et ses 169 membres d'équipage, placés sous le commandement du capitaine de frégate Hans Huygens, sont engagés depuis le 23 novembre et jusqu'au 13 février dans l'opération Atalanta (ou Eunavfor) de lutte contre la piraterie somalienne, la première opération navale de l'Union européenne.

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