La France reconnaît sa responsabilité dans l'internement de Tsiganes durant la 2e Guerre

29/10/16 à 14:28 - Mise à jour à 14:30

Source: Belga

(Belga) Après les Harkis et les Arméniens, le président français François Hollande a poursuivi samedi le travail de mémoire entamé depuis le début de son quinquennat, en reconnaissant la responsabilité de la France dans l'internement de milliers de Tsiganes durant la Deuxième Guerre mondiale.

La France reconnaît sa responsabilité dans l'internement de Tsiganes durant la 2e Guerre

La France reconnaît sa responsabilité dans l'internement de Tsiganes durant la 2e Guerre © BELGA

"La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame." "Un pays, le nôtre, est toujours plus grand lorsqu'il reconnaît son histoire", a ajouté le président. Sa visite de l'ancien camp d'internement de Montreuil-Bellay (centre) était la première d'un chef d'État français depuis l'internement des Tsiganes et des gens du voyage par le régime de Vichy qui a duré jusqu'en 1946. Septante ans après la libération des derniers Tsiganes internés en France, leurs descendants et les associations attendaient avec émotion une reconnaissance officielle de leurs souffrances. "C'était important pour nous d'avoir cette reconnaissance. Ca représente des milliers et des milliers de familles itinérantes", a salué, ému, Fernand Delage, président de l'association France Liberté Voyage. "C'est tard, mais mieux vaut tard que jamais." "Pratiquement toutes les familles de gens du voyage ont au moins un membre qui est passé par Montreuil-Bellay", a rappelé le président. Lors de sa visite, il s'est rendu auprès de l'?uvre commémorative "Instant nomade" de l'artiste-céramiste Armelle Benoît, un portique de huit colonnes sur lesquelles ont été gravés les patronymes de 473 familles internées. Dès 1912, dans le but de les sédentariser, les autorités françaises avaient imposé aux "nomades" un carnet anthropométrique d'identité. Supprimé en 1969, il a été remplacé par des carnets et livrets de circulation que doivent détenir "les gens du voyage" sous peine d'amende, et une obligation de rattachement à une commune. Pris "officiellement au nom des exigences de guerre", le décret du 6 avril 1940 sur l'interdiction de la circulation des nomades en métropole avait été pris "avant tout à cause d'une méfiance nourrie de peurs ancestrales, de préjugés et d'ignorance", a dénoncé François Hollande. Montreuil-Bellay était le plus grand des 31 camps gérés par les autorités françaises jusqu'en 1946, dans lesquels furent internés entre 6.000 et 6.500 nomades. (Belga)

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