La FGTB poursuit sa remise en question, à son rythme

25/10/15 à 13:05 - Mise à jour à 13:49

Source: Belga

La centrale liégeoise de la FGTB tiendra un bureau mardi pour envisager comment mener de nouvelles actions, a indiqué dimanche le secrétaire général de la FGTB wallonne Thierry Bodson, à la suite de la controverse sur les blocages d'autoroutes de lundi dernier en région liégeoise et leurs conséquences.

La FGTB poursuit sa remise en question, à son rythme

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Des manifestants de la FGTB sont dans le collimateur de la justice après une plainte contre X du Centre hospitalier chrétien de Liège pour homicide involontaire, à la suite du décès d'une patiente opérée en retard parce que son chirurgien était coincé sur l'autoroute à Herstal. Un second décès a été évoqué vendredi par le même hôpital, celui d'un homme bloqué lundi dans les embouteillages sur l'E25 et mort des suites d'un infarctus, mais aucune plainte n'a encore été annoncée concernant ce cas.

"Nous n'avons jamais appelé à des barrages bloquants", a rappelé M. Bodson dans l'émission dominicale de la RTBF "Les décodeurs", défendant en revanche les barrages filtrants. Le secrétaire général de la FGTB Marc Goblet a dit la même chose dans "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL), dénonçant la violence, évoquant des réactions émotionnelles et regrettant que les syndicats n'aient pas été informés des urgences ce jour-là.

Le syndicat avait présenté ses condoléances aux familles touchées par ces deux incidents. Reconnaissant l'échec des mouvements qu'elle avait organisés lundi, la centrale générale Liège-Huy-Waremme de la FGTB avait voté mercredi une motion permettant aux membres du secrétariat d'appeler les manifestants à quitter toute action spontanée pouvant entraîner la mise en danger d'autrui ou la destruction de biens.

Pour Jacques de Toeuf, président de l'Absym (association belge des syndicats médicaux), à défaut d'une responsabilité juridique à laquelle ne sont pas soumis les syndicats, "il faut accepter une responsabilité morale pour ne pas justifier la violence".

Condamnant les abus, la députée Catherine Fonck (cdH) s'est demandée pourquoi le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) n'avait pas donné l'instruction de lever les barrages.

Les députés MR Jean-Luc Crucke et Pierre-Yves Jeholet ont réclamé une personnalité juridique pour les syndicats, ainsi que des mesures pour mieux défendre le droit au travail et la liberté de se rendre à son travail.

Mais pour Thierry Bodson, la demande d'imposer une personnalité juridique aux syndicats cache la volonté d'empêcher les syndicats d'agir et de les condamner "pour tout et pour rien", ainsi que de tester leur capacité à "tenir avec leurs réserves financières".

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