La drôle d'enquête interne de la police fédérale

21/06/12 à 11:20 - Mise à jour à 11:20

Source: Le Vif

Une enquête interne menée à la police fédérale crée la polémique. On y trouve en effet des questions relatives à l'immigration, au droit des femmes et à l'orientation politique.

La drôle d'enquête interne de la police fédérale

© Image Globe /

Francis Delperée (cdH) a suggéré l'arrêt d'une enquête interne menée auprès de 3000 membres de la police fédérale. Mis en ligne la semaine passée sur le site intranet de la Direction générale de l'appui et de la gestion de la police fédérale (DGS), ce coup de sonde vise à mieux connaître la sensibilité des 3.000 membres du personnel sur le projet de réorganisation complète de cette antenne.

L'enquête, révélée par le journal 'La Dernière heure', a pour but de dresser un portrait psychologique du sondé, qui est invité à répondre à une quarantaine de questions et affirmations à choix multiples. L'une des affirmations a trait à l'immigration: "Les migrants viennent profiter des allocations dans notre pays". Au sondé de répondre s'il est d'accord ou pas, avec quelques nuances telles que "tout à fait" ou "absolument pas". D'autres questions ont trait à l'orientation politique, la vie sociale en dehors du cercle professionnel, l'indice de confiance dans les institutions, etc.

"Il y a des mots qui me choquent dans cette enquête " , a souligné M. Delpérée au micro de Twizz Radio dont il était l'invité matinal."On parle de personnes de nationalité étrangère, on parle d'allochtones, ce qui est un terme tout à fait péjoratif. Et puis on parle de migrants ! C'est de la provocation. Pour moi, c'est une étude qui peut être mise tout à fait de côté. Elle n'est pas sérieuse, c'est du vent", a-t-il ajouté.

Interrogée, la Ligue des droits de l'Homme trouve quelques questions surprenantes, mais attend d'en savoir plus pour se prononcer. Quant au Centre pour l'égalité des chances, il estime que cela peut être utile pour mesurer le degré de tolérance au sein du service.

Se pose également la question de l'anonymat, puisque les sondés doivent se connecter à l'intranet pour répondre à l'enquête. Du côté des syndicats, on regrette que le questionnaire ne leur ait pas été préalablement soumis.

Avec Belga

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