La difficile campagne du RWF

21/05/10 à 17:16 - Mise à jour à 17:16

Source: Le Vif

" La campagne électorale, pour les petits partis, c'est le parcours du combattant ", nous a expliqué Paul-Henry Gendebien, président du RWF (Rassemblement Wallonie-France) à l'occasion de la présentation de ses listes à Namur.

La difficile campagne du RWF

© Belga

" Le parcours du combattant parce que nous devons nous battre contre la tentative de monopole du pouvoir, et d'accès au pouvoir, des partis traditionnels, qui verrouillent. Notre régime politique fournit aux partis les moyens d'entretenir une clientèle. La Wallonie est ainsi le seul niveau de pouvoir en Europe où un parti (le PS pour ne pas le nommer) détient tous les leviers depuis 23 ans. Conséquence : les politiques menées ne tiennent même plus compte de ce qui est utile ou nécessaire, mais des subsides qu'il y a moyen d'obtenir. C'est le pouvoir, et la rente du pouvoir : tout organiser dans le seul but d'y rester... "

Le fondateur du RWF pointe les trois difficultés majeures de cette campagne anticipée, aux délais très courts : la procédure administrative, l'accès aux médias, et le financement.

La procédure.

Le RWF peut présenter des listes complètes partout, tant à la Chambre qu'au Sénat. Mais c'est grâce au parrainage de parlementaires sortants, et au prix de la chasse aux signatures, qui doivent être authentifiées par les administrations communale. " Après les élections de 2004 et de 2007, déplore Paul-Henry Gendebien, j'ai déposé plainte au ministère de l'Intérieur contre plusieurs communes qui avaient refusé de le faire. Je n'ai même pas eu un accusé de réception. Dans la majorité des pays démocratiques, il y aurait eu des poursuites. " Pourquoi aussi, même si cela peut sembler dérisoire, les partis traditionnels peuvent-ils recevoir leur numéro huit jours avant les autres, et ainsi prendre de l'avance dans la campagne. Les médias.

" Sur la RTBF, le service public, ce sont les grands partis qui élaborent eux-mêmes, via le conseil d'administration, les débats électoraux. La RTBF est à la botte. Nous n'obtenons que des miettes d'audience, en période électorale. Et entre les élections, jamais rien. " L'argent. " Le financement des partis est légitime, pour éviter les dérives. Mais est-il bien normal que les partis qui veulent la mort de l'Etat, comme le Vlaams Belang ou le FN, se fassent rembourser leur campagne par le contribuable ? Tout comme les partis traditionnels, ils vont percevoir au lendemain des élections 1,25¤ par suffrage obtenu. Et ce sont les partis de pouvoir qui ont élaboré ce système... "

M.D.

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