La crise catalane, épée de Damoclès au-dessus du budget et du Premier ministre Rajoy

22/05/18 à 16:17 - Mise à jour à 16:19

Source: Belga

(Belga) La crise catalane menace l'adoption du budget espagnol prévue mercredi et, in fine, le maintien au pouvoir de Mariano Rajoy. Les nationalistes basques réclament en effet toujours la levée de la tutelle sur la Catalogne en échange de leur appui.

Le débat en séance plénière du projet de budget a débuté lundi à la Chambre espagnole mais le Parti Populaire (PP) du chef du gouvernement attend toujours de savoir si les cinq députés du PNV (Parti Nationaliste Basque) le voteront ou non. Maintenant le flou, la formation basque a indiqué attendre jusqu'à la "dernière minute" pour révéler sa position. Dans la balance pour faire pencher son vote se trouve la levée de la tutelle imposée à la Catalogne. Sans majorité absolue à la Chambre depuis les élections de 2016, le PP est contraint d'effectuer un difficile jeu d'équilibriste pour pouvoir compter sur les voix cruciales du parti centriste Ciudadanos, de formations régionales de Navarre, d'Asturies ou des Canaries, et donc du PNV. Lundi, M. Rajoy a indiqué "être confiant dans le fait que la responsabilité des autres forces politiques permettent son approbation" car ce budget permettra selon lui au pays "d'être en situation d'abandonner la procédure pour déficit excessif" ouverte par Bruxelles. Ce vote pourrait bien être "décisif" pour l'avenir du chef du gouvernement, estime pour sa part Fernando Vallespín, politologue à l'Université autonome de Madrid. Un rejet du budget "obligerait (Mariano Rajoy) à écourter la législature", juge l'universitaire. Le gouvernement Rajoy a pourtant fait des concessions au PNV. Il a notamment accepté sa demande d'une indexation des retraites sur l'inflation, alors que des milliers de retraités modestes ont manifesté ces derniers mois, en particulier au Pays Basque, pour réclamer une amélioration de leurs pensions. "Le PNV désire pouvoir approuver ce budget car il est très bénéfique pour le Pays Basque", poursuit Vallespín. Sa résistance relève d'une "posture politique car ses électeurs ne voient pas d'un bon ?il" la mise sous tutelle de la Catalogne imposée après une déclaration d'indépendance restée sans suites. (Belga)

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