La Chambre ne se calme pas après la déclaration gouvernementale

16/10/13 à 18:43 - Mise à jour à 18:43

Source: Le Vif

La nécessité d'une véritable relance économique et la lutte contre le handicap salarial ont animé, jusqu'au sein de la majorité, la discussion générale menée mercredi à la suite de la déclaration du gouvernement.

La Chambre ne se calme pas après la déclaration gouvernementale

© BELGA

"Ce gouvernement fait ce qu'il peut dans le contexte budgétaire actuel, comme les autres gouvernements font ce qu'ils peuvent. Mais comme le Premier ministre l'a lui-même souligné, cela ne suffira pas pour faire disparaître le handicap salarial avec les pays voisins", a dit Raf Terwigne, chef de groupe CD&V.

Les différents gouvernements du pays se revoient le 6 novembre pour définir les grandes lignes d'un pacte de compétitivité et de relance. "J'espère que le comité de concertation pourra déboucher sur des résultats, comme il l'avait fait en juillet sur le budget", a encore dit Raf Terwigne.

Ce dernier a "regretté" que le gouvernement n'ait pu se mettre d'accord sur l'adaptation de la loi de 1996 sur la norme salariale. "Notre groupe est demandeur d'une solution urgente. Celui qui bloque ce dossier ne rend service ni aux entreprises ni aux travailleurs", a dit le député démocrate-chrétien.

Le coût du travail avait déjà baissé de 11,5 milliards en 2012 La députée PS, Christiane Vienne, a rappelé que les socialistes avaient été les premiers à réclamer la relance face à ceux qui exigeaient l'austérité. Elle a souligné que le coût du travail avait déjà baissé de 11,5 milliards d'euros en 2012. Mme Vienne a également rappelé les efforts pour le pouvoir d'achat, et notamment la revalorisation des allocations.

La députée Zoé Genot en a profité pour dénoncer une nouvelle fois la politique de dégressivité des allocations de chômage et le risque d'exclusion des handicapés, ce qui a suscité un vif échange avec la vice-première ministre PS Laurette Onkelinx.

La députée Catherine Fonck (cdH) a attaqué les Verts à son tour, évoquant des propos "mensongers" au regard des directives données par l'Onem.

"Suppression totale des charges patronales" C'est des bancs MR qu'est venue la nouvelle proposition la plus concrète dans le cadre de la discussion sur la relance, le chef de groupe MR Daniel Bacquelaine allant jusqu'à proposer la "suppression totale des charges patronales" sur les trois premiers emplois dans les entreprises, une mesure, selon lui, budgétairement neutre, grâce à l'effet retour. Au-delà, il a également proposé une "nouvelle réforme du système de chômage" allant vers plus d'activation. M. Bacquelaine a fait ces propositions, ne voulant pas faire de l'adaptation de la loi de 1996 sur la compétitivité un "épouvantail" paralysant l'action du gouvernement.

Egalement demandeur de propositions complémentaires de relance, l'Open Vld a dirigé mercredi l'essentiel de son intervention contre la N-VA et sa dialectique négativiste. Il y a 2 ans, l'alternative était soit le "shutdown" prôné par la N-VA, soit le "compromis", choisi par la majorité, a dit le chef de groupe Patrick Dewael. Son bilan est critiquable mais il faut pouvoir reconnaître les éléments positifs, a-t-il ajouté.

Dans l'opposition, Olivier Maingain (FDF) a appelé à "écrêter" le système d'indexation des salaires, une réforme "économiquement nécessaire et socialement juste". L'indexation doit pouvoir être réorienté vers les bas et moyens salaires, a-t-il défendu. Il a également plaidé, citant Angela Merkel, pour l'augmentation de l'âge légal de la retraite, à l'exception des fonctions pénibles.

"Focus sur le socio-économique" dans le futur

Dans sa réplique, le Premier ministre Elio Di Rupo a indiqué que "oui, bien entendu", il fallait aller plus loin dans la relance. "Il faut amplifier les dynamiques enclenchées par le gouvernement fédéral et chaque gouvernement doit pouvoir prendre ses responsabilités", a-t-il dit.

M. Di Rupo a également souligné qu'il était "absolument nécessaire que le focus soit mis sur le socio-économique dans les prochains mois et les prochaines années".

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