"La Belgique ne soutient aucun courant en RDC", assure M. Reynders

27/11/17 à 15:46 - Mise à jour à 15:46

Source: Belga

La Belgique ne soutient aucun courant politique en République démocratique du Congo (RDC), a assuré lundi le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, en réponse aux critiques formulées par le régime de Kinshasa à l'encontre des positions défendues par Bruxelles face à la crise politique que traverse son ancienne colonie.

"La Belgique ne soutient aucun courant en RDC", assure M. Reynders

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"La Belgique continuera à parler à tout le monde et à promouvoir des solutions entre Congolais. Il ne nous appartient pas de faire des choix. Ces choix appartiennent aux Congolais eux-mêmes à l'occasion des élections libres et transparentes. Nous ne soutenons aucun courant politique. Ou nous les soutenons tous pour qu'ils puissent concourir librement afin que les Congolais puissent choisir leur avenir", a-t-il affirmé lors de l'inauguration de la nouvelle ambassade de Belgique et des Pays-Bas en plein centre de Kinshasa.

"Na motema naza na bino", a ajouté M. Reynders en linguala, ce qui signifie en français "Je suis de tout coeur avec vous".

Cette visite du ministre belge des Affaires étrangères à Kinshasa pour inaugurer la nouvelle ambassade avait suscité des mises en garde dans la presse proche du pouvoir, qui l'accuse de faire le jeu de l'opposition réclamant le départ du président Joseph Kabila, et qui aurait préféré la présence du Premier ministre Charles Michel à cette cérémonie.

M. Reynders a souligné dans son discours que ce nouveau bâtiment - dont la construction entamée en août 2014 a coûté 10,5 millions d'euros - est l'illustration des relations intenses entre les deux pays et leur population. "Ce bâtiment est surtout un signe d'engagement et d'implication", a-t-il dit.

Mais il n'a pas caché le fait que les relations bilatérales entre Bruxelles et Kinshasa traversaient une passe difficile.

"Je suis convaincu que l'impasse actuelle ne peut être résolue que par des élections libres et transparentes", a lancé le ministre.

"Il faut mettre des moyens mais avant tout rétablir la confiance par un calendrier électoral crédible et un processus électoral qui permette à tous de participer de manière équitable et d'exprimer des opinions librement. Mais aussi rétablir la confiance entre la RDC et ses partenaires internationaux", a-t-il ajouté.

Aucun représentant du gouvernement congolais n'a assisté à la cérémonie de lundi - contrairement au lancement des travaux de construction de l'ambassade qui s'était déroulé en 2013 en présence du Premier ministre de l'époque, Augustin Matata Ponyo Mapon. Par contre, le gouverneur de la ville-privince de Kinshasa, André Kimbuta, était présent, tout comme des députés de la Majorité présidentielle (MP) et de l'opposition, ainsi que deux des principaux leaders de l'opposition, Felix Tshisekedi et Vital Kamerhe.

Le chef de la diplomatie belge ne s'est pas ému de l'absence de représentant du gouvernement congolais, expliquant "avoir suffisamment de contacts avec les autorités" et s'attendre à rencontrer son homologue congolais, Léonard She Okitundu, mardi à Abidjan en marge du 5ème sommet Union africaine (UA)-Union européenne.

M. Reynders a également annoncé que lui-même et son collègue de la Coopération au développement, Alexander De Croo, avaient invité leurs alter-egos congolais à Bruxelles pour discuter de l'avenir de la coopération belge en RDC.

"L'objectif d'aujourd'hui était d'installer l'ambassade et de rencontrer la population. Les autorités savent que nous sommes ici", a-t-il souligné lors d'un point de presse après une visite en matinée à des projets de réintégration des enfants des rues à Kinshasa.

La nouvelle chancellerie, située sur le prestigieux Boulevard du 30 juin - les "Champs Elysées" kinois - dans la commune de la Gombe, est le premier bâtiment passif d'Afrique centrale et compte 4.000 m2. Elle accueillera sous un même toit les ambassades belge et néerlandaise - cette dernière occupant quelque 500 m2 -, ainsi que la Coopération technique belge (CTB, Enabel à partir de 2018), conformément à la politique d'intégration des actions diplomatiques et de coopération au développement.

Lors de l'inauguration, une cinquantaine de personnes ont manifesté devant la nouvelle ambassade, affirmant réclamer la justice au sujet de l'assassinat en 1961 de Patrice Emery Lumumba, le premier Premier ministre congolais après l'indépendance, et brandissant des calicots "Belgique assassin".

"Je dois constater que toutes les manifestations ne sont pas interdites", a commenté M. Reynders.

Les autorités congolaises ont annoncé dimanche l'interdiction des marches de la majorité et de l'opposition prévues respectivement le 28 et le 30 novembre à Kinshasa, malgré les appels de la communauté internationale au respect des droits en RDC.

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