L'½uvre de la semaine: Les oiseaux de Roger Ballen

21/06/14 à 11:02 - Mise à jour à 11:02

Source: Le Vif

En 2008, Roger Ballen entre dans un incroyable bidonville. Depuis plus de trente ans, le géologue américain, installé en Afrique du sud, sillonne le pays du bush à Johannesburg en quête d'une réalité au-delà du convenu.

L'½uvre de la semaine: Les oiseaux de Roger Ballen

Ce furent d'abord des images des architectures puis de l'un ou l'autre habitant dans son environnement intime. Ensuite, il se pencha sur ces "gueules" à la fois terrifiantes et glacées de la pauvreté blanche abandonnée par le pouvoir et méprisée par la population noire.

Frontale, directe, chaque portrait témoignait d'une profonde humanité aux limites de la folie et de l'animalité. A partir des années 2000, avec des séries comme "Shadopw Chamber", il pénètre davantage dans la psyché et dispose ses modèles dans des espaces au plâtre meurtri et au mobilier pauvre, un décor connoté par la présence de graffitis, d'objets et d'animaux.
Cet enfer mental va trouver de nouvelles vigueurs dans la dernière série, "Asylum of the Birds" dont la photo ici présentée est issue. Un enfant noir masqué, un pigeon dans la main, un oiseau mort dans la bouche. Derrière lui, des tracés bruts d'avions à tête humaine.

Pour réaliser ce cliché, le photographe, aujourd'hui âgé de 64 ans, après avoir traversé un champ d'immondices habité par les oiseaux, est entré dans un enfer de couloirs et de chambres séparées les unes des autres par des cloisons peintes à la diable d'où surgissent des figures et des silhouettes. Il a rencontré d'autres hommes, d'autres enfants, d'autres colombes, poulets et cochons sauvages prisonniers de ces exiguïtés, enlisés dans une violence aux seuls couleurs du noir le plus noir et au blanc le plus éblouissant.

Guy Gilsoul

Musée du Docteur Ghislain.

Guislainstraat 43, Gand.

Du mardi au vendredi de 9 à 17 heures. Samedi et dimanche de 13 à 17 heures. Jusqu'au 31 août.

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