L'UE a attisé le sentiment anti-européen en Turquie en "encourageant" le putsch

10/08/16 à 11:44 - Mise à jour à 11:44

Source: Belga

(Belga) Le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu a lancé une nouvelle diatribe contre l'Union européenne mercredi, l'accusant d'avoir attisé le sentiment anti-européen en Turquie en "favorisant" voire en "encourageant" les auteurs du putsch du 15 juillet.

L'UE a attisé le sentiment anti-européen en Turquie en "encourageant" le putsch

L'UE a attisé le sentiment anti-européen en Turquie en "encourageant" le putsch © BELGA

"La confiance à l'égard de l'UE a malheureusement chuté (...) je n'ai personnellement pas vu de sondages, mais cette confiance est actuellement à moins de 20%" en faveur d'une adhésion au bloc européen, a dit le ministre dans un entretien à l'agence de presse progouvernementale Anadolou. "Nous n'en sommes pas responsables, la responsable est l'UE qui a, et je le dis très clairement, adopté une position favorable au putsch, qui a encouragé les putschistes", a-t-il martelé. Les relations de l'Europe avec le gouvernement turc, déjà tendues ces derniers mois, se sont encore envenimées après le putsch manqué du 15 juillet, qui a provoqué des vagues de purges dont l'ampleur a choqué les Européens. L'UE a en outre clairement indiqué que le rétablissement de la peine de mort en Turquie, évoqué par le président Recep Tayyip Erdogan, était une ligne rouge et pouvait faire capoter les négociations d'adhésion d'Ankara au bloc européen. "L'UE a échoué lors d'un test le 15 juillet", a affirmé M. Cavusoglu, qui a rejeté l'idée que la Turquie préfèrerait se détourner de l'Ouest pour l'Est en remettant sur les rails ses relations avec la Russie après des mois de crise. "Si l'Occident perd un jour la Turquie, quelles que soient nos relations avec la Russie et la Chine, ce sera de leur faute", a-t-il encore dit à l'adresse de l'Union européenne. La relance des négociations d'adhésion UE-Turquie, tout comme l'exemption de visas pour les ressortissants turcs, sont les principales contreparties exigées par Ankara pour continuer à bloquer le flux de migrants vers l'Europe, selon les termes d'un accord conclu avec l'UE en mars. Le président Recep Tayyip Erdogan a menacé de faire échouer cet accord si une exemption de visa n'était pas garantie pour les Turcs. (Belga)

Nos partenaires