L'Onu appelle à la levée "urgente" et "complète" du blocus imposé au Yémen

02/12/17 à 14:19 - Mise à jour à 14:25

Source: Belga

(Belga) Les responsables de plusieurs agences de l'Onu, dont l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et l'Unicef, ont appelé samedi la coalition conduite par l'Arabie Saoudite à lever "d'urgence" et "complètement" le blocus imposé au Yémen, selon un communiqué.

"Ensemble, nous appelons la coalition à ouvrir d'urgence et complètement l'accès à tous les ports yéménites de la mer Rouge et à faciliter l'entrée et la libre circulation des biens commerciaux et humanitaires vitaux", écrivent les responsables onusiens. La levée partielle du blocus a certes permis de "fournir une aide vitale aux personnes dans une situation désespérée" mais "étant donné l'ampleur de la crise humanitaire (...) cela ne fait que ralentir la course vers une tragédie humanitaire menaçant les vies de millions de personnes, cela ne l'empêche pas", soulignent-ils. "Le Yémen reste sous la menace d'une des plus grandes famines de l'ère contemporaine", relèvent-ils, ajoutant que "plus de huit millions de personnes pourraient mourir de faim sans une aide alimentaire d'urgence." Certes, trois navires transportant de la nourriture ont reçu ces derniers jours l'autorisation d'entrer dans le port yéménite d'Hodeida mais "quatre tankers transportant de l'essence (nécessaire pour faire fonctionner les centres de soins et les systèmes d'épuration d'eau) ainsi que dix autres navires transportant de la nourriture attendent tous leurs autorisations d'accès", souligne l'appel. Le texte a été signé par Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, Achim Steiner, administrateur du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le haut-commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, le directeur de l'Unicef, Anthony Lake ou encore le patron du Programme alimentaire mondial (PAM) David Beasley. "L'Onu envoie une équipe à Ryad pour discuter avec la coalition et le royaume d'Arabie saoudite de tout problème qu'ils pourraient avoir en lien avec ces ports", conclut le communiqué. Dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, ravagé par la guerre depuis deux ans (8.750 morts et 50.600 blessés), la situation militaire semblait en passe d'évoluer. La guerre oppose depuis 2015 les forces de l'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh, jusqu'à présent alliées au mouvement rebelle pro-iranien des Houthis, à une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Mais samedi, M. Saleh s'est déclaré ouvert à des discussions avec Ryad si le blocus que la coalition impose était levé, déclenchant la colère des Houthis. (Belga)

Nos partenaires