L'oeuvre de la semaine: l'abstraction revisitée

26/11/17 à 09:35 - Mise à jour à 09:35

Source: Le Vif

A première vue, l'univers se situe dans le fil d'une histoire de l'art abstrait fort encombrée déjà.

L'oeuvre de la semaine: l'abstraction revisitée

Lesley Vance, Sans titre, 2017. © Frederik Nilsen. Courtesy The Artist and Xavier Hufkens Brussels.

Dans le studio de l'américaine Lesley Vance (°1977) se dresse un chevalet et sur la table toute proche, les tubes de couleurs, les brosses de tous formats, les dissolvants. En un mot un lieu des plus traditionnels et voici peu encore, méprisé.

Le tableau de petit format sera traité verticalement et les gestes pour l'écrire se succéderont entre formes lisses et déliés onctueux. A première vue, l'univers se situe dans le fil d'une histoire de l'art abstrait fort encombrée déjà. Mais dans l'atelier de Los Angeles où l'artiste s'est installée, notre attention est attirée par une étagère sur les planches desquelles elle dépose les fruits de ses promenades le long du Pacifique ou les sentiers asséchés des collines voisines.

Tout y est rondeurs, découpes nettes, aspérités parfois. Ce sont des fragments d'écorces rouges, des nacres coquillages, des plumes d'oiseaux. Un univers formel volumétrique et chromatique qui n'est pas sans évoquer celui des pétales de fleurs. Or, c'est bien cet univers bien réel qui alimente cette abstraction où sur des fonds souvent uniformes (noirs parfois), elle dépose et articule en d'ingénieuses compositions des morceaux de nature méconnaissables qui, par leur traitement pictural, définissent une dynamique dans laquelle l'espace résiste à toute tentative de rationalisation.

Entre surface et profondeur, entre géométrie et lyrisme, expression et suspension, cette abstraction-là mérite l'attention parce que même si ces questions ont déjà été traitées par d'autres, les solutions apportées ici ainsi que l'extrême délicatesse de l'ensemble ont suffi pour être remarqué par le Whitney Museum de New-York dès 2010. Notons que la même année Mu.Zee d'Ostende présentait sn travail alors que depuis 2014 l'oeuvre est défendue en Belgique par Xavier Hufkens.

Bruxelles Galerie Xavier Hufkens, 6 rue Saint-Georges. Jusqu'au 16 décembre. Du mardi au samedi de 11h à 18h. www.xavierhufkens.com

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